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  • : Le Japon fantastique en traductions
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  • : Le Japon fantastique n'est que peu traduit, il est temps de lancer dans la course les traducteurs littéraires qui veulent relever le défi du fantastique, de la SF et de la fantasy du Soleil Levant (et il y en a !)
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Le Japon fantastique en traductions

Vous recherchez un traducteur littéraire, spécialiste de la littérature japonaise et des littératures de l'imaginaire, pour traduire, en vue d'édition ou à titre privé, une œuvre, une nouvelle, un article ? Je peux vous fournir un travail de qualité, soigné et rapide. Mes conditions sont à discuter : l'art et la diffusion de la littérature japonaise sont mes priorités. Vous pouvez utiliser le formulaire de contact pour me joindre.


Sur Twitter : @Darthremora

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 10:17
Les Contes du Soleil Couchant - Top départ !

Comme certains le savaient déjà, et comme d'autres on pu l'apprendre en direct lors des démos à Orc'idée 2013, j'ai traduit le jeu de rôle japonais "Yuuyake Koyake". Cette fois, c'est officiel, le projet est annoncé, sous le titre des Contes du Soleil Couchant, chez 2d Sans Faces, et nous espérons une publication rapide (après un Ulule d'usage, c'est entendu), qui coïncindera (ce n'est pas spécialement voulu) avec celle de la version anglophone.

Ce jeu de rôle, est l'oeuvre de KAMIYA Ryo et de ses collègues, qui forment une petite boîte de créateurs, auteurs et illustrateurs japonais déjantés (et un peu coquins), Tsugihagi Honpo.

Les parties des Contes du Soleil Couchant vous transporterons dans un univers japonais rural - version enchanteresse et sympathique - et vous incarnerez des animaux capables de prendre forme humaine et dotés de petits pouvoirs qui leur permettront d'aider la communauté et d'apporter un peu de tendresse et de chaleur dans ce monde de brutes. Amateurs de grosses épées et de complots diaboliques, circulez, donc : ce jeu en appelle à notre âme d'enfant, et l'évolution, ici, passe par les Liens d'amitié que vous pourrez tisser avec les autres protagonistes des histoires, PJs et PNJs.

On ne sait pas encore exactement quand, mais le jeu sortira bientôt. Restez à l'écoute !

 

PS : Il s'agit probablement du dernier article de ce blog. La plateforme over-blog, chamboulée, ne correspond plus du tout à mes besoins professionnels et ne peut guère être utilisée comme je l'entends. Je vous tiendrai informé dès que j'aurai trouvé une nouvelle adresse. J'y déplacerai tout !

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 09:17

Jeune traducteur japonais-français, publié et en cours de publication, cherche un projet de traduction idéalement littéraire, et idéalement dans les littératures de l'imaginaire. Pour vous aider, vous pouvez vous faire une idée de mon style et découvrir mon CV.

Les projets en cours ayant atteint plus ou moins leur conclusion, je me dois maintenant de rechercher quelque chose de nouveau et vous pourriez avoir un besoin, ou tout simplement une idée, que je me ferai un plaisir de concrétiser.

La littérature (et ses cousines) sont mes premières priorités, et je chercherai avant tout à vous fournir un travail de qualité, une oeuvre fidèle et agréable à lire pour ravir vos lecteurs. La rémunération est secondaire, même si je me refuserai à brader mes services, parce que l'art et la littérature n'ont pas de prix.

Vous avez un projet à proposer ? J'ai le talent et les compétences pour les concrétiser. Et plus encore.

Contactez-moi via ce blog.

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 13:36

Ce que je vais vous présenter ici n'est ni un auteur (qu'on ne présente plus), ni un ouvrage qui aurait connu quelque succès sous nos latitudes, mais une traduction personnelle et inédite de cet auteur passé dans le domaine public.

Pour le plaisir de la lecture ou comme modèle de traduction me permettant de mettre en avant la qualité de mon travail, je vous le propose sur mon blog. Vous pouvez librement et gratuitement la diffuser.

Si ma traduction vous intéresse (et accessoirement les autres contes issus du même recueil), je suis à votre entière disposition !

 

L'intégralité du texte Un magasin très exigeant

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 14:29

Soldier Boy on DutyJe me suis souvent intéressé à cette question, qui me semble à la fois très pertinente et particulièrement complexe en matière de traduction. Après tout, les grades représentent des fonctions très précises au sein des diverses armées des mondes réel et imaginaires, et sont amenés à apparaître à tout bout de champ dans toutes sortes de courants littéraires. Je vais donc me livrer ici à quelques explications sur ce qui me semble être un moyen relativement simple, mais pertinent, de traduire les grades militaires japonais en français.

Le but étant de présenter une façon simple de traduire les grades, qui soit juste mais facile à comprendre, sans exiger du lecteur francophone une intensive recherche ou de demander au traducteur de volumineuses et inutiles notes de bas de pages. En utilisant cette méthode vous devriez obtenir des personnages clairement marqués dans leur hiérarchie, sans pour autant faire une transposition aveugle de grades souvent méconnus des lecteurs ordinaires. Le but, j'insiste, est d'obtenir une traduction fluide et précise, n'exigeant du lecteur rien d'autre qu'une culture générale de base.

Je précise que j'aborde ici une perpective littéraire, en particulier fantastique, et que je ne cherche pas à trouver les équivalents historiques exacts (voire même contemporains) des grades militaires. Je m'intéresse plutôt à la SF, ou, j'imagine, la quantité d'œuvres dans laquelle l'un ou l'autre militaire fera son apparition. Si vous traduisez un bouquin sur l'Allemagne de la Seconde guerre mondiale, je vous laisse le soin de vous débrouiller avec les grades de ces messieurs. Je ne parlerai pas non plus des hiérarchies historiques et féodales, qui n'ont rien à voir avec cela et, même si je le voudrais bien, je n'aborderai pas non plus les grades inventés.

 

Les deux méthodes

Il y a deux méthodes à utiliser ici. La première - la plus simple - part du principe que votre militaire est un élément de décor ou qu'il est plus ou moins le seul de l'ouvrage à faire son apparition. Pas besoin, dans ce cas, de s'amuser à traduire un grade simple par un terme compliqué, en particulier si on n'a rien d'autre à lui opposer.

La seconde méthode est un peu plus précise, fait apparaître des grades un peu plus pointus, mais sera nécessaire lorsque vous traduirez de la SF militaire, un roman de guerre, ou tout ouvrage dans lequel plusieurs gens de guerre, subordonnés les uns aux autres, feront leur apparition. Dans un navire, un vaisseau spatial ou en plein milieu d'une bataille, ce genre de distinctions sera nécessaire.

 

Les grades des officiers généraux

Les officiers généraux sont les commandants des armées et des corps armées.

En japonais[1], ils sont nommés 上級大将 jôkyû taishô, 大将 taishô, (中将 chûshô - seulement dans la marine),  少将 shôshô、准将 junshô.

La première méthode ne pose pas de problème : vous traduirez tous ces termes par général, s'il s'agit d'un militaire, ou amiral, s'il s'agit d'un général de la Marine. C'est tout.

Pour la seconde méthode, un petit tableau est nécessaire.


  Armées Marines
上級大将 Général Amiral de Marine
大将 Général d'armée Amiral
中将 n/a Vice-amiral
少将 Général de division  Contre-amiral
准将 Général de brigade Commodore

 

Ce sera valable pour toutes les listes de cet article, mais on peut bien sûr prendre quelques libertés et effectuer quelques modifications de circonstance à ces tableaux. Ils sont lisibles et ne font pas référence à des systèmes militaires trop précis (ce qui n'est ici pas le but, je le rappelle). On peut également mélanger les deux méthodes, si par exemple, une œuvre ne fait intervenir qu'un seul général, mais toute une quantité d'officiers de rang moindre.

 

Les grades des officiers supérieurs

Les officiers supérieurs constituent le commandement de terrain le plus élevé et commandent à un grand nombre d'hommes.

En japonais, ce sont les 大佐 taisa, 中佐 chûsa, 少佐 shôsa et 准佐 junsa (rarement utilisé).

Avec la première méthode, vous traduirez tous ces termes par colonel, s'il s'agit d'un militaire, ou capitaine, s'il s'agit d'un marin.

... Et avec un tableau pour la seconde méthode.

 

  Armées Marines
大佐 Colonel Capitaine de vaisseau[2]
中佐 Lieutenant-colonel Capitaine de frégate
少佐 Major Capitaine de corvette

 

Les grades des officiers subalternes

Les officiers subalternes secondent le commandement supérieur et se trouvent généralement eux-même sur le théâtre des opérations.

Ils sont les 大尉 taii, 中尉 chûi, 少尉 shôi ainsi que, éventuellement, les 准尉 jun'i.

La première méthode consistera à les nommer tous lieutenant, quel que soit le corps d'armée auquel ils appartiennent.

Et rebelote pour la seconde méthode.


  Armées Marines
Capitaine Lieutenant
Lieutenant Sous-lieutenant
Sous-lieutenant Enseigne

 

Dans la Marine, certains grades portent le même nom, mais ne sont pas du même échelon que dans l'armée de terre. C'est comme ça, on n'y peut rien...

 

On peut rajouter ici le grade de 准尉 jun'i. En fait, ce grade n'est ni un grade d'officier subalterne, ni un grade de sous-officier. Il s'agit du rang occupé par les différentes fonctions d'aide au commandement (qui varient beaucoup d'une armée à l'autre). Vous les rendrez par adjudant (si vraiment c'est un marin, appelez-le maître, comme s'il s'agissait d'un sous-officier). 

 

Les autres grades

Entre les différentes classes de sous-officiers et de soldats, il existe une énorme quantité de grades qui rendent les réalités de chaque armée. Dans la littérature, je me permets de penser que les auteurs n'entreront pas tellement dans les détails et se contenteront des appellations de base. Si vraiment votre histoire fourmille de premiers maîtres, d'adjudants-chefs et autres... Cherchez une solution. Maître et adjudant ne conviennent-ils pas ?

Dans les armées, vous devriez vous en sortir avec soldat/matelot (兵隊・水兵), caporal/quartier-maître (兵長・伍長) et sergent/maître (兵曹・軍曹). N'entrez dans les subtilités que si c'est vraiment nécessaire ou que la distinction est clairement de la volonté de l'auteur : si votre lecteur n'est pas militaire, il ne comprendra pas pourquoi le seul soldat de votre histoire doit absolument être appelé le "Quartier-maître de première classe Tanaka"... C'est beaucoup, non ?

 

 

S'adresser à un officier

Quelles que soient les fioritures utilisées en japonais pour s'adresser à un officier, et même si on utilise tel quel son grade, les appelations sont, en français spécifiquement, souvent différentes des titres eux-mêmes.

- On fait précéder les grades de "mon" uniquement si l'officier adressé est un homme.

- On appelle "(Mon) commandant" tous les capitaines de marine.

- "(Mon) colonel" tous ceux qui ont "colonel" dans leur grade.

- "(Mon) lieutenant" tous ceux qui ont "lieutenant" dans leur grade et tous les officiers subalternes de marine.

- Les officiers généraux sont appelés "(mon) général" ou "(mon) amiral".

- "Chef" et "Officier" ne sont ne sont pas des grades. "Chef, oui, chef" n'a pas plus de sens, dans une traduction correcte et cohérente, que l'officier Tanaka.

 

___ ___ ___

 

J'espère que ce petit billet vous aura un peu aidé et éclairé sur la question des grades militaires dans une traduction littéraire dans laquelle interviennent des femmes et hommes de guerre.

Quoi qu'il en soit, à moins de tomber sur un texte particulièrement pointu et guerrier (auquel cas vous devrez respecter pointilleusement les hiérarchies qui y sont mentionnées), pensez avant tout à votre lecteur, qui n'y entend rien aux affaires miltaires mais qui remarquera toutefois tous les raccourcis que vous pourriez prendre...

 


[1] Depuis la capitulation de 1945, le Japon n'a plus d'armée et son corps d'auto-défense utilise des grades numériques (officier subalterne de rang 2, etc.) Les grades donnés ici sont donc les appellations habituellement utilisées dans la fiction (ou les médias) pour rendre des grades militaires fictifs ou étrangers.

[2] Je ne suis pas un grand amateur de tous ces grades de capitaine de marine, et j'ai tendance à leur préférer leurs équivalents anglais (capitaine, commandeur et lieutenant-commandeur) mais comme la plus grande partie des pays francophones semble avoir adopté exclusivement des grades de capitaine, je m'y soumets.

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 13:14

41ZVB3NHB0L. SL500 AA300日本語でのあらすじ:荒俣宏氏の作品はフランス語で一切翻訳されていない。『妖怪大戦争』というのは翻訳の対象として面白いかなと。


ARAMATA Hiroshi (1947-) est un auteur reconnu au Japon pour ce qui est de la littérature de yôkai, ces monstres traditionnels qui hantent par centaines d'espèces le folklore populaire nippon. Il a notamment livré une série primée (que je lirai un jour), Teito Monogatari, "Le Dit de la capitale impériale", jamais traduit (en français comme en anglais, qui revisite, façon "pays des monstres", l'époque d'Edo (1603-1868).

Il suit dans son œuvre la voie du maître du genre, MIZUKI Shigeru (1922-, Kitaro le repoussant), spécialiste en dessin et en histoires desdits monstres japonais et auteur d'une encyclopédie sur le sujet (Yôkai, dictionnaire de monstres japonais, presque traduite en français), le titre du présent livre lui rendant hommage.

On retrouve également dans son style l'école de son collègue KYÔGOKU Natsuhiko (1963-), qui écrit de volumineux thrillers mettant chacun en scène, dans le Japon d'aujourd'hui, un de ces yôkai. Bref, nous sommes ici dans le mainstream de la littérature contemporaine de monstres du Soleil levant.

Il est à noter que Aramata est aujourd'hui une des personnalités les plus importantes de la littérature fantastique japonaise et qu'il fait partie de façon permanente du jury qui, chaque année, récompense le meilleur ouvrage du genre. Il est également traducteur de l'anglais et a traduit certaines des nouvelles de Lord Dunsany et H. P. Lovecraft.


Le livre dont je vous parle ici, que je traduis "La Grande guerre des monstres", n'appartient pas à une série et s'adresse à un vaste public. Il n'est pas publié en tant que littérature jeunesse au Japon, mais s'en rapproche passablement. L'ouvrage a été écrit en tant que scénatio du film alors en cours de développement, de titre éponyme, produit en 2005 par Takashi Miike (Visitor Q, Koroshiya Ichi, Zebraman...). Le projet de ce film qui est lui-même un hommage à une vieille série des années 60...

 


La guerre des monstres dont il est question ici nous raconte, en 400 pages, une guerre invisible aux yeux de tous que mènent des étranges machines-fantômes, torturées et cruelles, contre les plus ou moins paisibles et plus ou moins honnêtes yôkai. Menés par un jeune garçon, dont le destin héroïque a été annoncé par la kirin, ils devront vaincre cette menace sans que les humains inconscients, même au cœur de la capitale nippone, ne se doutent de quoi que ce soit.

 

La traduction de ce bouquin risque d'être fort intéressante : si le décor et les monstres évoqués parlent (un peu) au lecteur japonais moyen, ce ne sera pas souvent vrai du lecteur francophone.

Les noms des monstres, la kirin (ce mot pouvant à la fois évoquer une créature du folklore chinois - parfois discutablement traduit licorne, une marque de bière et la girafe commune...) et toutes sortes de réalités folkloriques japonaises.

Qu'à cela ne tienne, ça n'est pas insurmontable, et c'est un travail tout à fait passionnant. Je ne me lancerai pas aveuglément dans l'aventure, mais si quelqu'un souhaite que cette œuvre voie le jour en français, il peut toujours me contacter, je suis à disposition pour la traduire (et j'y ai déjà pas mal réfléchi). J'envisagerais toutefois plutôt de tenter l'aventure avec Teito Monogatari, une des œuvres unanimement reconnues comme majeurs de la littérature fantastique japonaise.

 

Références

ARAMATA Hiroshi, Yôkai dai-sensô, Kadokawa bunko, 2005

荒俣宏『妖怪大戦争』、角川文庫、2005年(文庫版)

ISBN4-04-169038-2

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 10:12

9782021108347日本語でのあらすじ:石井光太氏の『遺体 震災、津波の果てに』という作品のフランス語翻訳は翻訳者18人によって作られたのである。こういう団体翻訳という経験は面白いけれど、ひとりでするより時間などの無駄で、非常に難しい仕事だと思っている。

 

Pour en terminer avec Mille Cercueils, qui doit aujourd'hui mener sa vie dans les bibliothèques et les librairies, il est temps pour moi de dresser un petit bilan de l'expérience que représente une traduction littéraire collective.

Je vais donc tenter de synthétiser ici mon avis et mon vécu en tant que traducteur au sein d'un groupe conséquent (18 personnes) ayant pour but la traduction en français d'un seul ouvrage japonais.

 

Avant la traduction

Premièrement, la traduction collective de cet ouvrage était une nécessité : le but avoué des traducteurs étant de faire bénéficier les gains à une association caritative japonaise, il aurait été difficile de s'occuper seul d'un ouvrage, à titre gratuit, dans un délai somme toute relativement limité.

Ensuite, il a fallu former des groupes de traducteurs (ici, des binômes des deux langues maternelles), de relecteurs ou encore de metteurs en forme, ce qui a constitué une première perte de temps : là où un traducteur aurait pu rapidement se lancer dans le projet, plusieurs semaines ont été nécessaires à la répartition des tâches, en particulier auprès de personnes dont la participation était soit conditionnelle, soit exclusivement électronique. Sans parler des formalités relatives aux assemblées générales, composition d'un association, etc.

Avant de pouvoir se lancer dans le projet, il aura également fallu s'intéresser à des points fondamentaux qui n'auraient pas préoccupé très longtemps une seule personne : quel traitement de texte utiliser ? Quel style de page ? Comment intituler les documents et à qui les transmettre ? Quand ?

Ces questions réglées, plusieurs personnes se sont attelées à créer une concordance, un lexique des termes géographiques, politiques, des noms propres, etc. Cela a pris du temps, beaucoup plus de temps qu'un lexique effectué au fur et à mesure de l'apparition des occurrences. Autant dire qu'à ce stade, ceux dont la motivation n'était pas d'acier ont quitté le projet : beaucoup de monde, ça signifie aussi beaucoup d'attente et de patience : deuxième perte de temps.

Mais, une fois le plan mis en place, les problèmes de fond réglés, le travail peut commencer. Ouf !

 

La traduction

Traduire partiellement un ouvrage est une frustation, à la fois technique et intellectuelle.

Technique parce que, tout traducteur littéraire le sait bien, la traduction c'est avant tout un question de choix et une question de style... Et personne ne fait les mêmes choix et chacun à son propre style. On commence donc l'aventure en plein milieu de l'action, sans savoir ce que les autres auront choisi. Heureusement, on pourra toujours s'aider un peu de la concordance établie avant de commencer... Mais, aussi dense soit-elle, cela ne suffira pas : pas du tout. Il faut donc traduire, et espérer que ses choix et son style ne soient pas mal compris ar les autres. Sans compter qu'un groupe aussi important compte des gens de parcours différents, et tous n'ont pas le même niveau ou la même sensibilité linguistique : les textes livrés sont donc de niveau différents : cela va de la traduction déjà mise en forme à l'exercice de version dépassant à peine la littéralité.

Je me souviens des débats endiablés qui ont eu lieu à ce stade : entre ceux qui pensaient devoir rendre une traduction littérale, fortement annotée pour rendre toute les subtilités de la langue japonaise et ceux, par exemple, qui imaginaient avant tout à la nécessité d'être parfaitement compris du lecteur francophone (dont je dois avouer fairre partie), les discussions ont été vives. Elles pouvaient même porter parfois sur un seul terme. Ce genre de débat est intéressant, mais indigeste : finalement, c'est un simple choix, et seul, c'est plus facile.

Si la frustration est également intellectuelle, c'est parce que la traduction littéraire est un acte artistique, et traduire un ouvrage en partie, c'est comme ne peindre qu'un fragment d'un tableau ou ne construire qu'un étage d'une maison : on peine à voir l'ensemble quand on y travaille, et on n'est pas forcément réjoui par le reste une fois le tout achevé.

C'est par contre pendant cette phase, essentiellement, qu'on gagne beaucoup de temps. Traduire 60 pages, d'autant plus en binôme, prend nettement moins de temps qu'en traduire 300, c'est une évidence.

 

Après la traduction

Quand chacun a fini son ouvrage et que, quelque part dans leur coin, les relecteurs retravaillent l'ensemble du texte et commencent, du point de vue du traducteur que je suis, leur lent travail de corruption.

Cette phase prend autant de temps que la traduction elle-même.

L'ensemble commence enfin à prendre forme, et il faut recommencer à faire des choix : quel temps utiliser dans la narration, passé simple ou composé ? Quel ton donner à l'ensemble ? Quels traducteurs suivre sur le plan du style ? La majorité ? Aucun ?

On finira par confier la réécriture finale à une personne unique (c'est heureux) qui donnera une cohérence à l'ensemble.

C'est ici que les avantages de la traduction collective se perdent : à ce stade, un traducteur seul aurait déjà livré son manuscrit. Bien sûr que tout le monde n'aurait pas approuvé ses choix ou son style, mais il aurait terminé et le travail de publication aurait pu commencer. Mais avec des manuscrits aussi disparates, ça n'est juste pas possible : il faut tout réécrire.

Cette dépense d'énergie, finalement, coûtera beaucoup de temps, et si le résultat final sera tout à fait acceptable, il aura pris - en heures cumulées - bien plus de temps que pour une traduction "ordinaire" et les étapes habituelles de la traduction auront été faites trois voire quatre fois !

Ainsi, à mon avis, une traduction collective de ce type aurait pu être publiée beaucoup plus vite avec moins de traducteurs, mais, une fois encore, cela n'aurait pas eu de sens de payer quelqu'un si le but était justement de confier les gains à une association : c'est donc une solution chronophage, mais, finalement, chacun de son côté, y aura passé beaucoup moins de temps que s'il avait dû traduire l'ensemble.

 

Pour finir...

La traduction en binôme, c'est bien. La traduction collective, c'est intéressant, c'est une bonne façon de confronter les méthodes de travail des uns et des autres et cela permet à chacun de s'investir moins longtemps, ce qui est plutôt bien dans le cadre d'un travail bénévole.

Par contre ça n'est pas du tout un gain de temps, dans l'ensemble, ce qui peut poser problème aux éditeurs, et c'est également la démonstration que le nombre, dans certaines activités (de création, notamment), ne fait pas forcément la force : le résultat n'est sans doute pas meilleur que si un ou deux traducteurs s'étaient chargés du projet.

 

___ ___ ___

Vous avez lu Mille Cercueils ? Et vous, que pensez-vous du résultat final ?

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 09:06

9782021108347L'ouvrage que j'ai collectivement traduit avec le groupe Honyakudan paraît aujourd'hui en librairie, sous le titre Mille Cercueils.

Vous savez, le fameux projet "Cadavres" dont je vous ai parlé plusieurs fois déjà. L'aventure aura duré plus ou moins un an (plutôt plus que moins, d'ailleurs), et grâce à la compétence de toute la fabuleuse équipe que nous étions, c'est un bel ouvrage sur la catastrophe de 2011 qui voit le jour aux Editions du Seuil.

Bien sûr, ce n'est pas de la littérature fantastique, et ce n'est même pas de la fiction, mais ce n'en est pas moins un ouvrage fascinant, qui constitue également - et c'est une grande fierté pour moi - mon premier ISBN (ma première publication, donc).

Les bénéfices dégagés par la traduction de cet ouvrage seront complètement reversés à une association caritative de Kamaishi, qui sert de cadre au livre, c'est donc une publication complètement bénévole, bien qu'elle ait occupée plusieurs semaines - plusieurs mois, même ! - de nos carrières de traducteurs débutants ou un peu plus chevronnés.

Retrouvez une fiche un peu plus détaillée dans la section consacrée à mes publications (qui est amenée à s'enrichir, je l'espère, dans le courant de l'année 2013).

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 16:18

fude (2)L'idée m'est venue il y a peu : Et si on se mettait à plusieurs, des traducteurs japono-français (expérimentés ou moins), pour créer une plateforme (un site internet, quoi) qui regrouperait tous les textes libres de droit de la littérature japonaise, mais en français ?

Bien sûr, s'il faut pour cela des traducteurs, motivés et bénévoles, c'est parce qu'il y en a beaucoup qui n'ont pas été traduits et, parmi ceux qui l'ont été, il est peu probable que traducteurs comme éditeurs soient prêts à lâcher ces textes dont la plus value en libraire est bien connue (qui va de pair avec la pauvreté de l'offre, bien entendu).

Mais qu'à cela ne tienne : tout auteur décédé depuis 70 ans ou plus est libre de droit (autre problème : au Japon, comme dans le reste du monde, c'est 50...) : si on n'a pas accès à la traduction... On la fait ! Bref, il s'agit donc de créer le petit frère de Aozora-bunko, mais pour la littérature japonaise traduite en français (et pourquoi pas, éventuellement, dans d'autres langues).

C'est un gros travail, qui devrait regrouper au moins un, mais plusieurs média/informaticiens pour mettre en place ladite plateforme, un ou quelques juristes pour leurs conseils avisés en matière de droits d'auteur et de traduction, et, bien sûr, toute une bande de traducteurs, relecteurs, éditeurs ("metteurs en page") qui soient prêts, bénévolement, à mettre en place ce projet qui mettrait les textes une fois traduits à disposition, et qui les diffuserait aussi sur toutes les plateformes dédiées (FeedbooksEbooks libres et gratuits, etc.) et à tout ceux qui le veulent.

Le rêve ultime serait d'obtenir de certains des traducteurs les plus reconnus (ou de leurs héritiers) dans le monde de la japonologie francophone qu'ils lèguent au domaine public certaines de leurs traductions...

Mais ne nous hâtons pas...

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 14:14

遺体カバー03帯付き-02-thumb-320x466-7228Vous vous en souvenez peut-être, mais je vous en ai déjà parlé : "les Cadavres" (遺体), le livre de Kôta Ishii (石井光太), qui a été traduit en collaboration par une poignée de traducteurs, dont votre serviteur, a enfin une date de publication. Il s'agira donc du premier ouvrage publié auquel j'aurai pu participer. Il sera disponible sous le titre Mille cercueils dès le 7 mars 2013 dans toutes les bonnes librairies.

Si j'ai traduit un certain nombre des chapitres de cette ouvrage avec mes collaborateurs, je découvrirai en même temps que vous la version finale, ce qui sera pour moi l'occasion encore une fois de revenir sur le contenu de ce livre particulièrement sordide, mais fascinant, dont la traduction a été une aventure collective pas si simple... Une découverte pour moi dans le monde merveilleux de la traduction : traduire à plusieurs, c'est nettement plus compliqué que de traduire seul, pour des raisons que je détaillerai peut-être un jour dans ces pages.

Si vous voulez soutenir une bonne cause (ce projet étant bénévole, tout l'argent dégagé par l'ouvrage sera reversé à une association caritative japonaise), si voir le travail de jeunes traducteurs franco-japonais ou juste pour me faire plaisir, foncez acheter l'ouvrage dès sa sortie !

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 16:38

Un petit message avant de repasser aux choses sérieuses, pour vous souhaiter à tous une merveilleuse année 2013. Je reste à votre disposition pour tout travail ou toute demande et m'en vais poursuivre pour ma part les beaux projets de traduction qui, je l'espère, illumineront toute l'année à venir !

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