Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le Japon fantastique en traductions
  • Le Japon fantastique en traductions
  • : Le Japon fantastique n'est que peu traduit, il est temps de lancer dans la course les traducteurs littéraires qui veulent relever le défi du fantastique, de la SF et de la fantasy du Soleil Levant (et il y en a !)
  • Contact

Le Japon fantastique en traductions

Vous recherchez un traducteur littéraire, spécialiste de la littérature japonaise et des littératures de l'imaginaire, pour traduire, en vue d'édition ou à titre privé, une œuvre, une nouvelle, un article ? Je peux vous fournir un travail de qualité, soigné et rapide. Mes conditions sont à discuter : l'art et la diffusion de la littérature japonaise sont mes priorités. Vous pouvez utiliser le formulaire de contact pour me joindre.


Sur Twitter : @Darthremora

Licence

Le articles de ce blog sont mis à disposition selon la licence Creative Commons.

Licence Creative Commons

29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 12:23

9782070423101Voilà un livre qui traînait dans ma bibliothèque depuis un certain temps, que j'avais acheté suite à ma lecture du Bouddha blanc, du même auteur, un livre primé en France que j'avais beaucoup aimé à l'époque. Comme j'ai réussi à le ressortir pour me le faire dédicacer au Salon du livre 2012, je me suis décidé à le lire. Voilà donc ma petite fiche de lecture, rien que pour vous.

 

L'auteur

Pour commencer, disons que TSUJI Hitonari est une personnalité pour le moins singulière. Poète, chanteur de rock, il a un look qui, résolument, prouve qu'il ne travaille pas dans le grand Japon corporatiste. J'ai eu l'occasion de le rencontrer au Salon du livre et de me faire une idée par moi-même. Né en 1959, il s'est bien adapté aux technologies modernes et son activité sur Twitter (que je suis) est pour le moins intense.

Tsuji Hitonari dédicace

Ecrivain plus ou moins connu au Japon, sans y être un génie national, il connaît surtout son succès par la France : en 1999 son Bouddha blanc reçoit le Prix Fémina du meilleur roman étranger, ce qui accroît ses ventes jusqu'au Japon (où son éditeur va jusqu'à reproduire sur la version originale la couverture en français dans le texte).

Pour vous donner une idée du personnage, vous pouvez l'écouter dans une des chansons de son groupe, ECHOES「ZOO」. Le morceau s'appelle ~愛を下さい~ (Ai o kudasai), ce qui signifie, sisi, "Donnez-moi de l'amouuuur" !

 

 

Le livre

Le livre qui m'intéresse ici, la Lumière du détroit, vu sa taille (même pas 200 pages, et pas bien grosses), est plutôt une novella qu'un vrai roman, ce qui, on est d'accord, ne joue pas pour grand-chose. Mais quand l'ouvrage est dédicacé, il faut le lire.

Dédicace de Tsuji

Ce récit à la première personne est celui d'un dénommé Saitô, ancien marin devenu maton qui retrouve dans sa prison, à Hakodate (Hokkaïdô), son tortionnaire de l'école promaire, Hanai. Alors que le narrateur doit surveiller les prisonniers lors d'exercices maritimes visant à leur réinsertion, il se retrouve petit à petit confronté à son passé et s'enfonce dans une spirale paranoïaque inspirée par toutes les souffrances qu'enfant, Hanai lui a fait subir.

Alors que tout son passé part en miettes, Saitô doit retrouver ses repères, confronter un Hanai qui semble l'avoir oublié et affronter son passé de marin qui, avec l'arrivé des trains à grande vitesse, n'a plus de sens...

Le livre est traduit en français par Corinne Atlan, une traduction fluide et agréable à lire, même si, comme souvent, elle contient quelques points un peu populistes à mon goût.

Le livre n'est pas si désagréable à lire (Tsuji est poète), même s'il flirte ici avec cette littérature pure - junbungaku - que j'exècre (la littérature pour psycho-intellectuels des prix Nobel et des prix Goncourt, pour résumer). Mais comment rester insensible à cette plongée dans des abysses psychologiques qui, contre toute attente, ne se termine pas dans un cataclysme comme on aurait pu s'y attendre ? Je pense que les fans de littérature introspective et les amateurs de l'Etranger y trouveront leur compte. Ou pas...

 

Un extrait

"Depuis son arrivée à la prison, j'observais Hanai en secret, veillant à ce que personne de mon entourage ne s'en aperçût. Je concentrai toute mon attention sur ses moindres gestes pendant les cours d'entraînement maritime mais aussi au moment des repas, des pauses, et même lorsqu'il se rendait aux toilettes. Cette fois, je ne méditais aucune vengeance, [...] je guettais simplement l'occasion de voir cet homme révéler toute sa vilénie cachée et ôter enfin son masque de bonhomie ostentatoire pour se montrer sous son vrai jour, comme autrefois quand je l'avais surpris à abandonner une vieille femme à son sort." (p.38)


Référence

TSUJI Hitonari, La Lumière du détroit, Mercure de France/Folio, 2001 (1997 au Japon), traduction française de la très productive Corinne Atlan.

Repost 0
18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 14:36

imagesVoilà pour la Pérégrination vers l'Ouest, c'est fini. Le moment pour moi de passer à autre chose, après ces plus de 2000 pages d'intense plongée dans l'univers de la fantasy médiévale tao-bouddhique. Il me reste donc deux personnages principaux à vous présenter (après Son Gokû et le cochon) : Tripitaka, le moine à la recherche des soutras et le dernier de ses compagnons-monstres, Sablet Conscient-de-la-pureté.

 

Sablet Conscient-de-la-pureté (沙悟浄 Sha Wujing, Sa Gojô)

250px-Xyj-shaseng.jpg

Bien que présent tout au long du roman, ce troisième monstre n'a pas vraiment de pouvoirs magiques. Il était autrefois un mortel qui, par une longue pratique, a atteint l'immortalité et été invité aux cieux. Pendant la fête des pêches d'immortalité (ces fameux fruits taoïstes qui rendent immortels), il a cassé un vase, ce qui lui a vali d'être replongé sur terre où, dans un fleuve, il se nourrit de chair humaine jusqu'à ce que le moine chinois vienne le chercher. Et ensuite, il tire le cheval de Tripitaka et tout va bien pour lui (même s'il contribue grandement à poutrer la gueule à quelques monstres.

Ce qui est surtout intéressant, c'est que les versions japonaises en font un kappa, vous savez, ces petits lutins aquatiques avec un bol sur le crâne qui passent leur temps à faire des facéties aux pauvres humains qui les croisent. On n'est pas très loin de l'original, mais on voit à quel point les japonais, sur le plan littéraire, arrivent toujours à s'approprier tout et n'importe quoi.

sagojo.jpg

Et pour ceux qui se posent la question, il s'agit de ce personnage, dans Dragonball (son nom est ici Yamcha).

037.jpg

Ressemblant, hein ?

 

Tripitaka (玄奘三蔵法師 Xuanzang sanzang fashi, Genjô sanzô hôshi)

IMG0100-1-.jpg

Le dernier et non le moindre, le héros de l'histoire - et accessoirement héros de l'Histoire, j'ai nommé le très Vénérable Tripitaka. Si son rôle dans le roman se limite à pleurer sur le sort des innocents et se faire enlever par toutes sortes de monstres, il est surtout l'avatar d'un personnage historique du même nom qui, lui, a bel et bien existé.

200691215138.jpg

Xuanzang (602-664) est connu à la fois comme le traducteur d'un grand nombre de soutras du sanskrit vers le chinois (c'est un confrère), comme un explorateur important (il a voyagé pendant 14 ans en Inde et ramené de nombreux témoignages) et il est le fondateur de l'école bouddhiste Faxiang / Hossô (法相宗), qui part du principe que "tout est esprit" et qui existe encore de nos jours, au Japon en particulier.

Il est, dans le monde chinois historique une figure tellement incroyable qu'il n'est pas étonnant qu'il devienne le héros de cette saga complètement hallucinante qu'est la Pérégrination : après tout, quelle différence entre parcourir les Indes 14 années durant et affronter des monstres pour aller chercher les soutras des mains du Bouddha lui-même dans la Terre pure de l'Ouest ? Si peu de choses...

Il est à noter que le personnage est censé être si beau qu'au Japon, il est joué par une femme.

6d28d5aa04860eafcdab5397415879b1.jpg

Difficile de lui trouver un équivalent dans Dragonball... A moins que...

07-06-24.jpg

Repost 0
9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 11:29

imagesVoilà que ma lecture de la Périgrination vers l'Ouest approche de son terme ("plus que" trois cents pages). Je vous en ai déjà parlé et je vous ai aussi présenté le personnage principal, Son Gokû (en japonais dans le texte, même si, on se souvient, il s'appelle en français Singet Conscient-de-la-vacuité le Novice), il est temps que je vous parle des trois faire-valoir qui l'accompagnent, même si, officiellement, l'un d'eux est censé être le personnage principal (ce qui est très drôle, parce qu'il n'est pas du tout "le héros" !)

Je vais commencer par un personnage qui ne perdra pas complètement les amateurs de Dragonball... Allons-y donc.

 

Porcet Huit-Défenses (Zhu Bajie, Cho Hakkai 猪八戒)

zhubajie.jpg

Autant vous le dire tout de suite, ce personnage est un porc. Dans tous les sens du terme (c'est d'ailleurs son nom de famille). Second disciple du grand moine Tripitaka, il est récupéré chez d'honnêtes gens dont il mangeait toutes les récoltes en profitant à son aise de la fille (dans tous les sens du terme aussi). Converti (d'abord par la bodhisattva Guanyin puis un peu de force par Singet) à la Bonne Loi du bouddhisme, il prend le nom de Huit-Défenses ("l'Octologue" des moines bouddhistes), ce qui est ironique puisqu'il n'est pas du genre à vivre dans le jeûne et la tempérance.

Il faut dire qu'il n'est pas tombé sur terre par hasard (selon les lois des renaissances avec lesquelles le roman joue un peu comme bon lui semble) : ce cochon était "l'Amiral des Roseaux Célestes", c'est-à-dire rien de moins que le chef de la flotte du Fleuve céleste, autrement dit, la Voie lactée ! Mais déjà à cette époque, c'était un vilain garçon : ne voilà-t-il pas que, lors d'une soirée bien arrosée dans les cieux, il a tenté de faire des avances un peu... entreprenante à la belle Chang'e (en japonais Jôga 嫦娥), qui n'est rien de moins... que la Vénus chinoise, qui habite dans la lune (et qui plus est, est déjà mariée)... Et voilà le destin de notre Amiral scellé, pouf ! Jeté sur terre condamné à vivre comme un cochon !

20061131658490.jpg

Il se bat avec un fabuleux râteau à neuf pointes (c'est assez dur à imaginer, je sais) qui pèse bien ses 5000 livres. Bien que capable de se transformer ou de voler sur un nuage, il est en tous points inférieurs à Singet et, en plus, il est fainéant, ne pense qu'à manger, est idiot (on le surnomme "l'Idiot") et, comble de malchance pour notre simiesque héros, c'est le disciple préféré (profondément jaloux de Singet, qui plus est). C'est un peu toujours à cause de lui que notre équipe de bonzes se retrouve dans les ennuis : là où Singet voit les monstres, l'Idiot ne se soucie de rien et emmène le Vénérable droit dans les gueules des tigres et des dragons...

Et surtout, il mange... mais il mange ! Quelques centaines de kilos de riz le satisfont plus ou moins pour quelques heures et il se laisse avoir dans tous les pièges : les femmes, la bouffe, les illusions... C'est donc le "faire-valoir" par excellence : pas complètement inutile, il est toutefois plus apte à catalyser l'intrigue et provoquer les déboires et attirer les démons que pour les vaincre... Même s'il a ses bons moments.

Bref, un vrai cochon...

Certains auront donc reconnu qu'un certain Porcet communiste, portant le nom d'une célèbre variété de thé et grand amateur de petites culottes n'est pas étranger à ce personnage :

1228.gif

 

Voilà, à la prochaine pour la suite et les deux derniers personnages !

Repost 0
6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 16:14

fude (2)Ce blog est encore jeune, comme mon arrivée dans la Capitale, mais c'est une bonne plateforme à la fois pour véhiculer mon activité, mon image en tant que traducteur professionnel et tout simplement de partager un peu cette culture japonaise qui, mine de rien, est ma spécialité académique.

Cher lecteur ou chère lectrice, que tu sois un(e) régulier(ère) ou que tu passes ici par hasard, je serais intéressé de savoir ce que tu penses de ces lignes, quels conseils ou quelles idées tu aurais pour faire de ce blog quelque chose d'intéressant (sur le plan visuel, sur le plan du contenu), si tu as des suggestions pour augmenter sa visibilité et en faire quelque chose que tu prennes plaisir à lire, à suivre ou à consulter de temps à autre.

Les commentaires sont ouverts à tous, et je serai heureux que, pour le meilleur ou pour le pire vous m'offriez quelques caractères d'insultes ou de conseils ;-)

Repost 0
5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 14:42

fude (2)Bon, passons aux choses sérieuses. Après tout, on n'est pas ici que pour s'amuser : j'ai aussi des comptes à tenir... Même si, c'est vrai, après tout, je ne suis qu'un débutant perdu dans la masse (que ce soit sur la Toile ou dans le vrai monde parisien). J'ai réussi le premier objectif - devenir, rêve de geek-otaku - traducteur japonais-français. Et pour la prochaine étape : un revenu et une oeuvre publiée disponible dans toutes les bonnes librairies à laquelle je participerai... Mais on n'y est pas tout à fait encore.

Donc voilà, je me suis installé au mois de février près de Paris, et, après un certain temps consacré à déménager (l'essentiel, bien entendu, ayant consisté en un tri exhaustif de ma bibliothèque et de ma ludothèque, faut pas déconner non plus avec ce genre de choses), je me suis mis en quête de quelque activité et j'ai envoyé un peu partout, dans le domaine de la traduction japonaise, CV et lettres de motivations (dans les deux langues, d'ailleurs). Et autant vous le dire, encore à ce jour, je n'ai pas eu beaucoup de réponses.

Mais les choses n'en sont pas restées au point mort : j'ai trouvé un bon projet de traduction collective, dans le cadre d'un groupe de traducteurs que j'ai déjà cité dans ces lignes. Le projet est en bonne voie, les traducteurs sont motivés, et un éditeur semble prêt à regarder notre travail de près : je n'en aurai pas vraiment le mérite en solo, mais il se peut qu'une oeuvre éditée voie le jour avec ma participation dans le courant de l'année... à titre gracieux pour moi, cependant. Et bien sûr, je poursuis le projet que j'ai commencé avec mon mémoire... mais à titre gracieux aussi.

Grâce au collectif sus-cité, j'ai également pu participer à des contrats (payants, eux), pour différents organismes qui avaient besoin de traduction japonais-français :

  • Le ministère des affaires étrangères japonais (une circulaire sur la politique énergétique du Japon)
  • Le département de Nara (un pamphlet touristique sur les hauts-lieux de la région)
  • La chambre du commerce de Fukuoka (la présentation des entreprises présentes lors d'une manifestation en France, et leurs produits)

Le tout pour des gains d'environ 400€, ce qui n'est pas énorme (c'est un salaire de stagiaire), mais c'est toujours de quoi ralentir la banqueroute et comme ça tient toujours cela devrait, occasionnellement, me fournir un petit revenu d'appoint.

J'ai également officiellement reçu mon Master (BAC+5) de l'Université de Genève et je suis donc libéré des études : fini les jobs d'étudiant, maintenant, je fais ça de façon professionnelle (j'ai le papier pour le prouver ^^).

Je me suis inscrit aux registres des entreprises, et vous pouvez désormais faire appel à moi en tant que traducteur et écrivain public en toute légalité.

Et puis bien sûr, j'ai pu développer dans ces lignes mes aventures au Salon du livre.

Voilà donc pour ces deux premiers mois d'activité. Les projets fusent, mais les revenus sont encore fort maigres. Mais on ne fait que commencer... Et sans vouloir trop m'avancer, il se peut que les prochains jours apportent une bonne nouvelle... Mais ne nous avançons pas trop.

A bientôt !

Repost 0
29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 21:43

51IRmA7y3nL._SL500_AA300_.jpgVoilà un moment que j'ai achevé ma lecture de A Dance with Dragons, le cinquième volume de la série A Song of Ice and Fire, plus connue en français sous le nom du "Trône de Fer". Bien que je n'ai jamais lu la série en français, je profite - petit élan populiste - de poster ma critique alors que sort chez Pygmalion le premier tiers de ce livre sous le titre Le Bûcher d'un roi, et que, dimanche, sera diffusé le premier épisode de la seconde saison de la série adaptée des livres, Game of Thrones, que les pirates du monde entier s'arracheront, j'en suis sûr.

 

Ma critique

Rassurez-vous, je vais vous évitez les spoilers, par contre ceux qui auraient un retard conséquent dans la série risquent un peu de tomber sur des infos indues, passez votre chemin.

Dans le livre précédent, A Feast for Crows (qui correspond en français aux livres 10 à 12), l'on ne suivait que quelqu'uns des personnages qu'on avait pu précédemment rencontrer : l'action délaissait le Nord et les terres étrangères pour se concentrer sur la capitale, le Trident et Dorne. Sans surprises, le premier tiers de ce cinquième opus reprend donc les personnages qui avaient été laissés pour compte, en opérant bien sûr un retour en arrière dans le temps, et on peut même y rencontrer quelques "invités-surprises" qu'on ne s'attendait pas à revoir (ce qui est un point positif). On rédoucouvrira ainsi ceux qu'on attendait depuis 1000 pages, Bran, Jon, Stannis, Dany ou encore Tyrion.

Seulement voilà, c'est la guerre à Westeros. Et l'hiver arrive. C'est toujours aussi intéressant dans l'univers des livres, mais l'enlisement devient véritablement littéraire. Les personnages se sont multipliés (désormais, la lancée du livre précédent se confirme : certains personnages n'apparaissent parfois que pour un seul chapitre, gonflant inutilement le nombre de pages), mais la situation, elle, n'évolue guère : peu d'événements marquants parsèment A Dance with Dragons, et quasiment aucun dans les lignes du Bûcher d'un Roi : ici, on a de la peine à démarrer et on comprend que, de la trilogie que Martin nous avait promis - il y a plus de dix ans - on prévoie aujourd'hui sept livres, ce qui, en français, devraient en représenter pas moins de 21 (ce qui multiplie au moins par trois, d'ailleurs, le prix d'achat de l'intégralité des livres en français, mon coup de chapeau aux éditeurs gaulois qui préfèrent les livres coupés en morceaux et les sousous dans la popopche).

Si A Dance with Dragons (plus de 1000 pages en grand format) n'est pas complètement dénué d'intérêt, il s'y passe, en plus de pages, moins de choses que dans les livres précédents (dans la lancée, toutefois, de Feast for Crows) mais surtout, dans le Bûcher d'un roi, il ne se passe rien. Les fans ne pourront que dire "et la suite ?", alors que les anglophones l'auront lue depuis bientôt un an et les autres se diront que, décidément, Game of Thrones, ce sera plus intéressant à la télé.

Comme je ne veux pas complètement donner l'impression d'une mauvaise critique, je pense que, quand on aime Martin et qu'on aime le genre, cela se laissera lire. On en apprend un peu plus sur les personnages qu'on aime, on se retrouve plongé dans un monde qui, mine de rien abonde de petits détails (trop ?) qui lui donnent une saveur unique. D'ailleurs je l'ai lu et je ne me suis pas plaint... mais l'impression d'avoir lu 1000 pages d'enlisement et de stagnation politique et - je spoile un peu - pas le moindre signe d'évolution vers un quelconque dénouement laisse un peu un goût de feu et d'acier dans la bouche (même si je pense enfin avoir définitivement compris la fin vers laquelle on essaie de tendre).

Et surtout, je pense que le pire, c'est la division incongrue des ouvrages en français : c'est une faiblesse qui ne manquera pas d'en dégoûter plus d'un : rien n'indique que le Bûcher d'un roi est une oeuvre partielle dans le bouquin (c'est presque une tromperie sur la marchandise). Et je me demande d'ailleurs d'où sort le titre... Surtout que Danse avec les dragons (première partie), ç'aurait été tellement vendeur...

 

Ma note

Bien (pour la version anglaise)

Insuffisant (pour la version française). Prenez votre mal en patience et lisez tous les tomes d'un coup, tout seul, ça n'en vaut carrément pas la peine (surtout celui-là).

 

Références

MARTIN George R R, Le Trône de Fer 13 - Le Bûcher d'un roi, Pygmalion, 2012

MARTIN Gearge R R, A Dance with Dragons, Bantham books, 2011

Repost 0
28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 16:41

Je vous parlais il y a peu de la Pérégrination vers l'Ouest, et j'avais mentionné que le véritable héros de cette épopée, c'était Sun Wukong - en japonais Son Gokû. Et je suis sûr que la plupart d'entre vous, lorsque j'évoque ce personnage, pensent à lui, là, dessous :

SongoKu-wallpaper.jpg

Eh oui, il s'agit bien du héros de Dragon Ball... Et ce n'est là qu'un des nombreux avatars de ce "superhéros" de la littérature chinoise. Et tout vient de cette oeuvre. Tous les Son Gokû que vous pourrez voir viennent de là. Indirectement, même celui du navet intergactique Dragonball Evolution...

 

1) Les pouvoirs de Son Gokû

Avant de se convertir au "Juste Fruit" du bouddhisme et d'entreprendre le voyage vers l'Ouest avec le bonze "Tripitaka" Xuanzang, Son Gokû était un personnage déjà bien singulier.

Né "du ciel et de la terre" dans un oeuf de pierre, le "Beau singe-roi" devient rapidement le souverain de son espèce et part à la recherche de la "Voie" (entendre ici la quête d'immortalité propre au taoïsme) et apprend toutes sortes de pouvoirs : il peut "culbuter dans les nuages" et se rendre instantanément n'importe où dans le monde, il maîtrise les "72 transformations" et peut donc prendre l'apparence, virtuellement, de n'importe quoi. Et puis il possède le "Bâton de Bon plaisir" qui pèse des tonnes et peut prendre la taille et l'épaisseur de son choix...

Forts de ses pouvoirs, il est monté au ciel et a demandé à obtenir un poste dans le panthéon, se nomment lui-même "le Grand Saint égal au Ciel" mais, toujours regardé de haut par l'Empereur de Jade (le souverain des cieux chinois), il provoque les "graves troubles du ciel" et rien ne peut le vaincre : il est même "forgé" et "fondu" pendant des années dans le four alchimique de Lao-tseu... Il en ressortira invunérable, avec juste les yeux un peu rouges (définitivement).

Il faudra la puissance de la Loi du Bouddha, la plus puissante de tous les univers, pour le terrasser.

Dans un épisode mythique, le Bouddha le prend dans sa main et lui demande de se rendre au bout du cosmos et d'y revenir. Persuadé de réussir, il s'y rend, découvre des piliers et inscrit son nom. Il en profite pour faire un petit pipi et revient vers le Bouddha, qui se moque de lui on lui montrant qu'il n'a rien fait d'autre que de rester dans sa main, où figure sa signature et son pipi qui dégouline gentiment... Le Bouddha transforme alors sa main en montagne dans laquelle il restera cinq siècles, jusqu'à être libéré et converti pour partir dans sa Pérégrination vers l'ouest.

 

2) Sa kryptonite

Si Sun Wukong / Son Gokû a tous les pouvoirs possibles et imaginables, il a quand même quelques limites. Premièrement, lorsqu'il se convertit, la bodhisattva Guanyin (Kannon) lui place un cercle de métal sur le crâne : quand on récite la bonne formule, cela lui inflige d'épouvantables douleurs (de quoi calmer ses instants violents).

Et puis s'il est tout-puissant, ses compagnons le sont moins et le moine Xuanzang lui, ne sait globalement que pleurer et avoir de la compassion... De quoi passer 2000 pages à voir comment Son Gokû se retrouve systématiquement dépasser par un maître qui se fait toujours enlever et des compagnons d'une compétence douteuse...

 songoku-copie-1.jpg

 

3) Les avatars du Beau singe-roi de nos jours

Le plus intéressant avec Son Gokû, c'est qu'il est avant tout un personnage populaire de la littérature chinoise et japonaise. Tout le monde le connaît, sous une forme ou sous une autre, alors que tout le monde ne se souviendra pas du nom du moine qu'il protégait.

J'ai déjà mentionné Dragonball, mais il y a également eu deux dramas japonais qui ont retracé ses aventures

En 1978 (j'ai tout vu !). Il doit même exister une version en anglais, cette série avait cartonné en Australie sous le titre (justement) Monkey.

 

 

Et en 2006... Malheureusement trop récent pour trouver des vidéos durables face à un monde médiatique japonaise en guerre ouvert contre les médias libres et gratuits. Donc une petite photo :

 

c0113733_333485.jpg

(On remarquera que dans les versions japonaises, Tripitaka est joué par une femme).

Et puis plusieurs adaptations chinoises, qu'on peut même voir gratuitement. Ou même encore une autre que je peux même vous montrer :

 

 

Sans parler des mangas, des mangas, des mangas ou des mangas...

 

Sympa, hein ? Pour ma part, je vous laisse dans la main du Bouddha pour aller continuer ma lecture et je vous parlerai la prochaine fois des "personnages secondaires" de cette fresque de fantasy, Porcet, Sablet et le moine Tripitaka.

Repost 0
24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 10:29

peregrination ouest 0S'il y a bien un style de roman où l'on peut dire "j'ai bientôt fini, il ne me reste plus que 800 pages à lire", c'est bien celui des grands romans chinois.

C'est donc à la fois par défi et par un lancinant et ancien désir que je me suis lancé dans la lecture de la Pérégrination vers l'ouest, que les sinisants connaîtront sous le nom de Xiyouji 西遊記 et les japonisants sous celui de Saiyûki (devrais-je aussi citer les coréanisants et Seoyugi ?).

Si ce n'est pas dans mes habitudes de parler des livres avant de les avoir fini, je ferai une exception pour ce genre d'odyssée livresque... Et puis, il y a trop de choses à dire pour que je m'arrête à une bête petite fiche de lecture.

La Pérégrination vers l'ouest, donc, à part deux volumes à la Pléiade (quand même !) qu'est-ce que c'est ?

1) C'est l'un des quatre grands romans merveilleux (et demi) de la Chine classique, avec les Trois royaumes (三國演義 Sanguo yanyi), Au bord de l'eau (水滸傳 Shuihuzhuan, jap. Suikôden) et le très fameux Rêve dans le pavillon rouge (紅樓夢 Hongloumeng, également à la Pléiade et un des favoris personnels de Mao) ainsi que (pour le demi) Fleur en fiole d'or (金瓶梅 Jin Ping Mei). Tous font à peu près la même taille, environ 2500 pages en français.

2) C'est l'histoire complètement rocambolesque et fantasy d'un personnage ayant vraiment existé, le moine, explorateur et traducteur de soutras Xuanzang (玄奘三蔵法師 602-664), parti pour l'Ouest (l'Inde) en quête des soutras, sur ordre impérial. Il a écrit une biographie sur son voyage et son long séjour en Inde, qui porte presque le même titre, le Xiyiji (西域記), et est l'auteur de la plupart des traduction en chinois des soutras utilisées de nos jours dans les courants du grand véhicule bouddhique.

3) Mais pas vraiment non plus... C'est surtout l'histoire du beau singe-roi, le grand Saint égal au Ciel, Sun Wukong (孫悟空 Son Gokû ou Singet Conscient-de-la-vacuité), singe immortel aux immenses pouvoirs qui, après avoir atteint l'immortalité et provoqué de graves troubles dans le cieux est condamné à croupir sous une montagne pendant 5 siècles par le Bouddha lui-même, la seule puissance capable de le vaincre, et, converti au Juste Fruit du bouddhisme, il deviendra le compagnon, le gardien et le protecteur du bonze Xuanzang au cours de ses voyages et face aux nombreux démons qui se mettront sur leur chemin.

images.jpg

4) C'est long et je ne tiendrai pas en un seul article, alors je vous proposerai de m'accompagner dans ma lecture pour découvrir cette oeuvre qui a marqué profondément tout l'imaginaire merveilleux sino-coréano-japonais (du monde chinois, quoi).

Bienôt, donc, je vous parlerai du personnage de Singet, le héros-divinité de cette fresque titanesque, et de ses moult avatars contemporains.

 

Références

WU Cheng'En, la Pérégrination vers l'Ouest, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1991, deux volumes. Traduction d'André Lévy.

Pour les curieux avec un agenda chargé, il existe une version traduite de l'anglais, raccourcie et abrégée (30 chapitres raccourcis au lieu de 100) :

WOU Tch'eng En, le Singe pèlerin ou le pèlerinage en Occident, Petite bibliothèque Payot, 2003

Repost 0
23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 15:00

affiche livre paris 2012Hier, je me suis plaint du capitalisme-roi qui régnait hors du Salon du livre, je vais aujourd'hui râler sur ce qui se passe à l'intérieur.


3) Et on n'en profite même pas...

Ça y est, on est rentrés. Le billet a été payé, pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'avoir des invites ou des réductions, mais maintenant, on est dedans. On peut oublier tout ça et profiter du Salon, de ses moult conférences, des stands de nos éditeurs préférés (ou potentiels futurs employeurs dans mon cas), chasser les dédicaces... Mais il arrivera forcément un moment où il va falloir en profiter... Et donc acheter des livres.

Bon, cela n'a rien d'inhabituel. Acheter des livres, c'est la même chose partout... Sauf qu'ici, on a payé l'entrée et les éditeurs ne sont pas seulement ici pour montrer qu'ils existent, mais font un gros coup de marketing. Le Salon, c'est aussi de grosses ventes, de la pub, et de grosses rentrées d'argent. Sûrement que l'emplacement est cher... Mais quand même, presque pas d'offres spéciales Salon du livre : quelques timides offres çà et là, surtout pour les magazines, et c'est plus ou moins tout.

C'est pourtant une occasion spéciale : les éditeurs et les exposants auraient franchement tout à y gagner à proposer une réduction généralisée de 5%, pour l'occasion, et rendre les achats au Salon au moins un peu "intéressants", au moins. Mais bon il ne faut pas trop en demander... Les réducs c'est pas leur truc apparamment, c'est juste pour les excentriques de Virgin et de la Fnac.

Et puis il y a le rayon Japon...

 

La belle structure du pavillon Japon

 

Cette magnifique structure en bois accueillait une jolie salle de conférence, un coin culturel (apprenez le japonais ! la calligraphie ! et j'en passe) et un immense coin librairie exclusivement "Japon", tenu par Gibert Joseph avec, en exclu... une quantité énorme de livres du Japon en japonais... Oui mais...

 

Multiplication des Prix

667¥ = 14€50. C'est moi ou le cours à plus que doublé ? (Le livre : Confucius, de INOUE Yasushi)

Selon mon calcul, le taux de change du yen a sacrément grimpé... Payer jusqu'à 40€ pour des objets de quelques centaines de grammes... Je me dis qu'il doit y avoir quelque chose qui cloche. Surtout qu'au Book-off de Paris, c'est 5 à 20 fois moins cher et là, du coup, ça fait aimer l'occasion...

Bref, un geste, quelque chose, de la part des éditeurs, ne servirait en rien à ruiner la réputation de ce Salon du livre...

 

4) Le retour du bon gros populisme

Le Japon n'était pas initialement prévu dans ce Salon, dont il était "l'invité d'honneur". C'est, pour moi, une très bonne chose. Après tout, le Japon c'est ma science et mon gagne-pain, je ne vais pas me plaindre.

Allez si, un peu quand même (j'y peux rien, je suis suisse).

Bon, sur le fond, rien de dérangeant... Si ce n'est qu'on réalise rapidement que, pour les intervenants, les journalistes, les penseurs de tous bords qui sont présents, le Japon n'est là que pour une seule et unique raison. Vous avez bien sûr deviné, mais sinon, je vous donne un indice : Fukushima.

Et après avoir assisté à plusieurs interventions et conférences, ça commence sérieusement à faire monter la moutarde. A Oé Kenzaburô, honorable vieillard qui n'a sans doute plus tellement la force d'écrire beaucoup : et Fukushima, dans votre oeuvre ? aux mangakas de SF (SF !) : et Fukushima, dans votre oeuvre ? aux journalistes et philosophes : et Fukushima, dans votre oeuvre ?

Bref. Je pense certes qu'une catastrophe de cette ampleur n'est pas sans influence sur les gens qu'elle concerne, et même sur le monde entier... Mais franchement, de là à en faire l'argument de vente usuel pour tout ce qui concerne le Japon, ça commence un peu à me porter sur le système. C'est à mon sens une démarche victimisante et pleurnicharde qui n'aidera personne.

Et la prochaine fois que je dis Japon, mettez un gilet pare-balle si vous me répondez : et Fukushima ?

 

5) Et je ne cite même pas

Les coins restauration qui ruineraient même un ministre, la publicité omniprésente pour des grandes chaînes de magasins, des opérateurs de téléphonie mobile, et j'en passe et j'en passe et j'en passe...

 

Pour conclure (oui oui, il y a vraiment un moment où j'arrête de geindre, c'est vrai), je dirais que le Salon du livre, c'est une belle manifestation, dédiée à la culture, aux loisirs et au monde de l'imprimé - ce qui est bien - mais que, tout de même, elle est bel et bien le reflet de notre société de consommation à la française : les gens paient pour voir, paient plein tarif pour ramener quelque chose après et, finalement, les exposants et les éditeurs sont gagnants sur tous les plans mais les spectateurs, eux, ne gagneront pas grand chose de plus que la satisfaction de s'être rendus au Salon...

Dommage, parce que les professionnels, de leur côté, doivent y saisir tellement d'opportunités...

Repost 0
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 15:00

affiche livre paris 2012Voilà donc, le Salon du livre pour cette année, c'est fini. On a bien pu se plonger dans la culture et prendre un bon bain de littérature japonaise (et de ses auteurs). Mais... Il y a quelque chose qui me reste en travers de la gorge. Ce n'est pas que c'est une surprise, ni que c'est particulièrement nouveau, mais quand même, dans ce genre de salons, il n'y a pas que la culture et la découverte, mais c'est aussi une occasion pour de belles arnaques et l'affirmation du règne du capitalisme tout-puissant (et même pas un peu affecté par une soi-disant crise).

Je m'intéresserai aujourd'hui à ce qui se passe autour et hors du Salon. Et ce sera déjà pas mal.

 

1) Un prix exhorbitant et peu (pas ?) de cadeaux

Le Salon du livre, c'est plus qu'un événement : c'est une institution. Et cette institution n'est pas financée par ceux qui en profitent (vraiment, je veux dire, ceux qui se font des gros sous), mais par les "visiteurs" ordinaires, qui paient tout de même 9€50, soit plus cher qu'un livre de poche moyen (pour le prix, autant aller en librairie).

Et encore, ce ne serait peut-être pas aussi monstrueux s'il y avait toutes sortes de réductions, mais là aussi... On est dans un monde de rapaces (de calculs, devrais-je dire). La fameuse entrée gratuite pour étudiants, ce n'est valable qu'un seul et unique jour... Et il faut avoir moins de 26 ans. Et oui, en France, les étudiants ça s'arrête à 26 ans. Sans doute une manoeuvre bien organisée pour faire culpabiliser ceux qui s'engagent dans la voie des études longues et refusent d'avoir une Rolex à 50 ans. L'entrée gratuite pour les seniors... N'est valable que le lundi après-midi ; sur 4 jours de Salon c'est un peu léger, quand même. Et les prélocations ne sont pas non plus des plus intéressantes : 20% de réduc, franchement, on a fait mieux. Et puis avoir une invite... C'est pas donné à tout le monde. J'ai eu de la chance : quand on ne connait personne dans le milieu, on passe à la caisse. Et on se la ferme.

Est-ce une arnaque, ou juste un moyen de financement socialement déplacé (quand on voit la masse économique des maisons participantes...) ? Je pense surtout que tout est bon pour se faire un max de bénéfice, et surtout la culture. Ces dernier temps nous l'ont montré : ce qui est important avec la culture, après tout, c'est qu'elle soit payante, pas qu'elle se propage. Et c'est bien triste.

 

2) Les mouches à merde

...Et que se passe-t-il quand les bouses ont une bonne odeur de monnaie bien capiteuse ? Les mouches arrivent. Et oui, le Salon, pour la plupart des gens, c'est cher. Surtout quand on compte y aller plusieurs jours.

Et c'est là qu'interviennent les mouches à merde (je pense que cet image leur vas très bien). Des petits malins désoeuvrés ou simplement à la moralité déficiente (parfois, cela semble être une tradition en France, le manque de principes, d'ailleurs) qui profitent du Salon pour se mettre en place leur petit trafic de billets, invitations et autres (souvent pas valables, d'ailleurs), postés devant l'enceinte du Parc.

Ils récoltent invitations ou billets électroniques le premier jour, et tentent de les revendre les jours suivants. Parfois obtenus gratuitement, ils peuvent les revendre jusqu'à 8€, ce qui est toujours moins cher que l'entrée de base (mais ce qui est évidemment un mauvais investissement quand on a une tête). Mais pour les gens qui n'ont pas beaucoup de moyens, mieux vaut tenter une économie de payer plein pot. Et oui, presque 10€, pour certains, c'est deux jours de nourriture.

Je me suis un peu pris de bec avec ces insectes, mais il n'y a pas grand chose à faire : ici l'impunité est de règle, et le panneau qui indique la vente de faux billets est tout petit et pointe dans la mauvaise direction. Je me suis plaint (que c'était trop facile) et on m'a répondu : "Ça fait 20 ans que c'est comme ça. Et oui c'est facile, la police ne se déplace pas, parce qu'il ne s'agit pas de drogue. Voilà, vous savez tout". Donc en gros, c'est normal. Ici, devant le Parc aux Expositions, l'arnaque est une tradition. Et apparemment, on y tient.

Comme quoi, investir un peu de l'entrée à 10€ pour engager trois gorilles chargés de leur foutre un peu les boules, ça ne fait pas partie du programme. Et pourtant, ailleurs, ça se fait...

Mais bon, cela dit, après réflexion, je me dis : les mouches à merde ne sont pas à blâmer. Elles sont le produit logique et normal d'une société capitaliste qui profite de la moindre occasion pour pomper le pognon de tout un chacun. Le jour où l'entrée sera libre et l'accès à la culture gratuit et universel, les arnaqueurs n'auront plus qu'à aller chercher du boulot. Ils n'auront qu'à faire banquier, ils ont déjà fait la bonne école de la rue.

 

--- --- ---

Demain, la suite. Parce que, une fois entré dans le Salon, ce n'est pas fini, les arnaques !

 

Repost 0