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  • : Le Japon fantastique n'est que peu traduit, il est temps de lancer dans la course les traducteurs littéraires qui veulent relever le défi du fantastique, de la SF et de la fantasy du Soleil Levant (et il y en a !)
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Le Japon fantastique en traductions

Vous recherchez un traducteur littéraire, spécialiste de la littérature japonaise et des littératures de l'imaginaire, pour traduire, en vue d'édition ou à titre privé, une œuvre, une nouvelle, un article ? Je peux vous fournir un travail de qualité, soigné et rapide. Mes conditions sont à discuter : l'art et la diffusion de la littérature japonaise sont mes priorités. Vous pouvez utiliser le formulaire de contact pour me joindre.


Sur Twitter : @Darthremora

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 10:12

9782021108347日本語でのあらすじ:石井光太氏の『遺体 震災、津波の果てに』という作品のフランス語翻訳は翻訳者18人によって作られたのである。こういう団体翻訳という経験は面白いけれど、ひとりでするより時間などの無駄で、非常に難しい仕事だと思っている。

 

Pour en terminer avec Mille Cercueils, qui doit aujourd'hui mener sa vie dans les bibliothèques et les librairies, il est temps pour moi de dresser un petit bilan de l'expérience que représente une traduction littéraire collective.

Je vais donc tenter de synthétiser ici mon avis et mon vécu en tant que traducteur au sein d'un groupe conséquent (18 personnes) ayant pour but la traduction en français d'un seul ouvrage japonais.

 

Avant la traduction

Premièrement, la traduction collective de cet ouvrage était une nécessité : le but avoué des traducteurs étant de faire bénéficier les gains à une association caritative japonaise, il aurait été difficile de s'occuper seul d'un ouvrage, à titre gratuit, dans un délai somme toute relativement limité.

Ensuite, il a fallu former des groupes de traducteurs (ici, des binômes des deux langues maternelles), de relecteurs ou encore de metteurs en forme, ce qui a constitué une première perte de temps : là où un traducteur aurait pu rapidement se lancer dans le projet, plusieurs semaines ont été nécessaires à la répartition des tâches, en particulier auprès de personnes dont la participation était soit conditionnelle, soit exclusivement électronique. Sans parler des formalités relatives aux assemblées générales, composition d'un association, etc.

Avant de pouvoir se lancer dans le projet, il aura également fallu s'intéresser à des points fondamentaux qui n'auraient pas préoccupé très longtemps une seule personne : quel traitement de texte utiliser ? Quel style de page ? Comment intituler les documents et à qui les transmettre ? Quand ?

Ces questions réglées, plusieurs personnes se sont attelées à créer une concordance, un lexique des termes géographiques, politiques, des noms propres, etc. Cela a pris du temps, beaucoup plus de temps qu'un lexique effectué au fur et à mesure de l'apparition des occurrences. Autant dire qu'à ce stade, ceux dont la motivation n'était pas d'acier ont quitté le projet : beaucoup de monde, ça signifie aussi beaucoup d'attente et de patience : deuxième perte de temps.

Mais, une fois le plan mis en place, les problèmes de fond réglés, le travail peut commencer. Ouf !

 

La traduction

Traduire partiellement un ouvrage est une frustation, à la fois technique et intellectuelle.

Technique parce que, tout traducteur littéraire le sait bien, la traduction c'est avant tout un question de choix et une question de style... Et personne ne fait les mêmes choix et chacun à son propre style. On commence donc l'aventure en plein milieu de l'action, sans savoir ce que les autres auront choisi. Heureusement, on pourra toujours s'aider un peu de la concordance établie avant de commencer... Mais, aussi dense soit-elle, cela ne suffira pas : pas du tout. Il faut donc traduire, et espérer que ses choix et son style ne soient pas mal compris ar les autres. Sans compter qu'un groupe aussi important compte des gens de parcours différents, et tous n'ont pas le même niveau ou la même sensibilité linguistique : les textes livrés sont donc de niveau différents : cela va de la traduction déjà mise en forme à l'exercice de version dépassant à peine la littéralité.

Je me souviens des débats endiablés qui ont eu lieu à ce stade : entre ceux qui pensaient devoir rendre une traduction littérale, fortement annotée pour rendre toute les subtilités de la langue japonaise et ceux, par exemple, qui imaginaient avant tout à la nécessité d'être parfaitement compris du lecteur francophone (dont je dois avouer fairre partie), les discussions ont été vives. Elles pouvaient même porter parfois sur un seul terme. Ce genre de débat est intéressant, mais indigeste : finalement, c'est un simple choix, et seul, c'est plus facile.

Si la frustration est également intellectuelle, c'est parce que la traduction littéraire est un acte artistique, et traduire un ouvrage en partie, c'est comme ne peindre qu'un fragment d'un tableau ou ne construire qu'un étage d'une maison : on peine à voir l'ensemble quand on y travaille, et on n'est pas forcément réjoui par le reste une fois le tout achevé.

C'est par contre pendant cette phase, essentiellement, qu'on gagne beaucoup de temps. Traduire 60 pages, d'autant plus en binôme, prend nettement moins de temps qu'en traduire 300, c'est une évidence.

 

Après la traduction

Quand chacun a fini son ouvrage et que, quelque part dans leur coin, les relecteurs retravaillent l'ensemble du texte et commencent, du point de vue du traducteur que je suis, leur lent travail de corruption.

Cette phase prend autant de temps que la traduction elle-même.

L'ensemble commence enfin à prendre forme, et il faut recommencer à faire des choix : quel temps utiliser dans la narration, passé simple ou composé ? Quel ton donner à l'ensemble ? Quels traducteurs suivre sur le plan du style ? La majorité ? Aucun ?

On finira par confier la réécriture finale à une personne unique (c'est heureux) qui donnera une cohérence à l'ensemble.

C'est ici que les avantages de la traduction collective se perdent : à ce stade, un traducteur seul aurait déjà livré son manuscrit. Bien sûr que tout le monde n'aurait pas approuvé ses choix ou son style, mais il aurait terminé et le travail de publication aurait pu commencer. Mais avec des manuscrits aussi disparates, ça n'est juste pas possible : il faut tout réécrire.

Cette dépense d'énergie, finalement, coûtera beaucoup de temps, et si le résultat final sera tout à fait acceptable, il aura pris - en heures cumulées - bien plus de temps que pour une traduction "ordinaire" et les étapes habituelles de la traduction auront été faites trois voire quatre fois !

Ainsi, à mon avis, une traduction collective de ce type aurait pu être publiée beaucoup plus vite avec moins de traducteurs, mais, une fois encore, cela n'aurait pas eu de sens de payer quelqu'un si le but était justement de confier les gains à une association : c'est donc une solution chronophage, mais, finalement, chacun de son côté, y aura passé beaucoup moins de temps que s'il avait dû traduire l'ensemble.

 

Pour finir...

La traduction en binôme, c'est bien. La traduction collective, c'est intéressant, c'est une bonne façon de confronter les méthodes de travail des uns et des autres et cela permet à chacun de s'investir moins longtemps, ce qui est plutôt bien dans le cadre d'un travail bénévole.

Par contre ça n'est pas du tout un gain de temps, dans l'ensemble, ce qui peut poser problème aux éditeurs, et c'est également la démonstration que le nombre, dans certaines activités (de création, notamment), ne fait pas forcément la force : le résultat n'est sans doute pas meilleur que si un ou deux traducteurs s'étaient chargés du projet.

 

___ ___ ___

Vous avez lu Mille Cercueils ? Et vous, que pensez-vous du résultat final ?

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 09:06

9782021108347L'ouvrage que j'ai collectivement traduit avec le groupe Honyakudan paraît aujourd'hui en librairie, sous le titre Mille Cercueils.

Vous savez, le fameux projet "Cadavres" dont je vous ai parlé plusieurs fois déjà. L'aventure aura duré plus ou moins un an (plutôt plus que moins, d'ailleurs), et grâce à la compétence de toute la fabuleuse équipe que nous étions, c'est un bel ouvrage sur la catastrophe de 2011 qui voit le jour aux Editions du Seuil.

Bien sûr, ce n'est pas de la littérature fantastique, et ce n'est même pas de la fiction, mais ce n'en est pas moins un ouvrage fascinant, qui constitue également - et c'est une grande fierté pour moi - mon premier ISBN (ma première publication, donc).

Les bénéfices dégagés par la traduction de cet ouvrage seront complètement reversés à une association caritative de Kamaishi, qui sert de cadre au livre, c'est donc une publication complètement bénévole, bien qu'elle ait occupée plusieurs semaines - plusieurs mois, même ! - de nos carrières de traducteurs débutants ou un peu plus chevronnés.

Retrouvez une fiche un peu plus détaillée dans la section consacrée à mes publications (qui est amenée à s'enrichir, je l'espère, dans le courant de l'année 2013).

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 14:14

遺体カバー03帯付き-02-thumb-320x466-7228Vous vous en souvenez peut-être, mais je vous en ai déjà parlé : "les Cadavres" (遺体), le livre de Kôta Ishii (石井光太), qui a été traduit en collaboration par une poignée de traducteurs, dont votre serviteur, a enfin une date de publication. Il s'agira donc du premier ouvrage publié auquel j'aurai pu participer. Il sera disponible sous le titre Mille cercueils dès le 7 mars 2013 dans toutes les bonnes librairies.

Si j'ai traduit un certain nombre des chapitres de cette ouvrage avec mes collaborateurs, je découvrirai en même temps que vous la version finale, ce qui sera pour moi l'occasion encore une fois de revenir sur le contenu de ce livre particulièrement sordide, mais fascinant, dont la traduction a été une aventure collective pas si simple... Une découverte pour moi dans le monde merveilleux de la traduction : traduire à plusieurs, c'est nettement plus compliqué que de traduire seul, pour des raisons que je détaillerai peut-être un jour dans ces pages.

Si vous voulez soutenir une bonne cause (ce projet étant bénévole, tout l'argent dégagé par l'ouvrage sera reversé à une association caritative japonaise), si voir le travail de jeunes traducteurs franco-japonais ou juste pour me faire plaisir, foncez acheter l'ouvrage dès sa sortie !

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 11:47

Si je travaille de mon côté sur les Cadavres du tsunami, qui ont déjà abondamment traversé ces lignes (et été censurées également), le sujet de l'accident nucléaire de Fukushima reste porteur tant dans l'inconscient collectif qu'au sein des masses populaires.

EGUCHI Masayasu, réalisateur de documentaires primé au Japon, a tourné dans le département de Fukushima, un documentaire sur Hanamiyama, haut-lieu du tourisme dès lors transformé en hot spot radioactif...

Voici la bande-annonce :

 


Le printemps de Hanamiyama par Masayasu Eguchi

Ce documentaire est prêt, et il n'attend que le soutien de ceux qui voudront bien y collaborer pour être diffusé. Si le projet vous intéresse et que vous voulez donner une chance à ce projet de voir le jour, rendez-vous sur la page de souscription et devenez coproducteur !

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 10:34

遺体カバー03帯付き-02-thumb-320x466-7228Je vous en ai déjà parlé, mais le premier vrai projet d'oeuvre publiable auquel il m'ait été donné de participer, les Cadavres, n'a pas disparu, il est bel et bien vivant.

Nous voilà avec plus des centaines de pages de manuscrit (tout le livre à quelques pages près), qu'un groupe de relecteurs s'acharne à corriger, unifier et vérifier, suite au travail magnifique des traducteurs dont je fais partie, en toute humilité. Dans quelques semaines, un manuscrit décent et présentable devrait voir le jour et un éditeur (on murmure un nom, en coulisses...) devrait recevoir une maquette qui, dit-on, est en bonne passe de recueillir un écho positif. Un ouvrage dans les bacs pour septembre ? Personnellement, je pense que ça prendra un peu plus de temps, mais, ayant terminé ma tâche pour l'instant, je retourne à mes projets personnels... Et à même propres ouvrages à publier.

Je ne résiste pas à vous lancer deux petits extraits de mes traductions (en binôme) de ces Cadavres. C'est cru, c'est draft et c'est encore fort maladroit (nous n'avons pas livré des traductions corrigées et présentables, il y a des relecteurs/adaptateurs pour ça), et rien ne dit que la version finale ressemblera à cela, et c'est court, alors personne ne m'en voudra.

 

(Les extraits sont indisponibles sur demande de notre éditeur)

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 16:40

Dans "les Cadavres", de Ishii Kôta, qui fait, je le rappelle, l'objet d'une traduction par les soins d'un collectif de traducteurs franco-japonais, le véritable héros, c'est la vague cataclysmique qui a tout emporté sur son passage ce 11 mars 2011.

Lors de ma lecture - et je pense que la question se posera pour tous ceux qui le liront un jour (ou simplement ceux qui essaient de s'imaginer comment une telle vague est possible) - j'ai maintes fois essayé de me représenter l'événement... En vain. Les images qui me venaient sortaient toutes de films catastrophes, faisaient 20km de haut ou avançaient à la vitesse du son... Alors j'ai cherché. Et j'ai trouvé.

Cette vidéo a été filmée sur les lieux de l'action de l'ouvrage, Kamaishi, dans le département d'Iwate. C'est là que les sauveteurs, les pompiers et volontaires que vous pourrez découvrir dans l'ouvrage ont travaillé.

Cette vidéo est longue. Et comme vous allez le voir, au début, les gens rient. Cela ne dure pas longtemps. Peut-être dois-je prévenir les âmes sensibles, mais malgré la violence de l'événement, vous n'aurez pas le temps d'assister à des images horribles dans cette vidéo... Et c'est déjà ça : les cadavres, ce sera pour plus tard.

 

 

Voilà. Ces choses-là arrivent, il faut s'y faire. La ville de Kamaishi ne s'est pas encore complètement remise.

(...A suivre...)

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 13:38

-----03----02-thumb-320x466-7228.jpgVoilà un an que s'est abattue sur le Japon ce qui est sans doute la plus terrible catastrophe de toute son histoire, et si l'heure est encore au bilan, à la reconstruction et aux projets d'avenir, il ne faut pas non plus oublier ce qui s'est produit, les nombreux problèmes que cela a posé et la véritable apocalypse humaine que cela a représenté.

Bref, la catastrophe du 11 mars 2011, ce ne sont pas seulement des survivants, mais aussi des cadavres. Des dizaines de milliers de cadavres, emportés avec leurs maisons, leurs voitures et la terre elle-même alors que s'abattait une vague de près de dix mètres de haut, aussi puissante que le souffle d'une explosion atomique.

Nous sommes dans les décombres de la ville de Kamaishi (釜石市)(1), dans le département d'Iwate. Et lorsque la catastrophe est passée, et qu'on peut se regarder dans le blanc des yeux, les gravats nous dévoilent ces corps de ceux qui n'ont pas réussi à monter assez haut ou de courir assez loin, des dizaines, puis des centaines de corps emportés par la vague. Des enfants, des vieillards, des femmes enceintes... Face à un mur mouvant d'eau, de tôle et de bris de verre, ils n'avaient pas la moindre chance.

C'est dans ce décor d'apocalypse que l'auteur ISHII Kôta arrive sur les lieux pour s'intéresser à ce sujet aussi macabre que tabou : la gestion des cadavres après une telle catastrophe.

Dans ce Japon où tout est privatisé et où les formalités funéraires peuvent coûtent pas loin de 30'000 euros en moyenne (ce sont les plus chères au monde), dans cette ville qui ne voyait guère qu'une poignée de décès chaque semaine, il faut agir vite : trouver, prendre en charge et se débarasser de ces dépouilles qu'il faut identifier, empêcher de pourrir et entreposer.

Ces observations macabres ont été rassemblées dans le livre "Les Cadavres" (遺体 震災・津波の果てに), publié chez Shinchôsha. On y suit les personnages (dentistes, médecins, pompiers, assistants sociaux, bonzes...) qui ont participé à ce processus terrible et à cette odyssée humaine à travers un ouvrage aussi saissisant que morbide.

...Et cette terrible aventure humaine mérite d'être partagée. C'est pourquoi un tout nouveau collectif de traducteurs l'a pris en main et le publiera... un jour (je préfère ne pas vous en dire trop).

Un travail aussi massif qu'un tsunami que vous pourrez avoir dans vos bibliothèques, pleurer, et, éventuellement, remarquer que mon nom figure parmi les traducteurs.

Vous en apprendrez davantage bientôt. En attendant, ayons une pensée pour toutes les victimes passées et à venir de cette catastrophe et n'oublions pas que la mort aura toujours le dernier mot... pour le meilleur ou pour le pire.

(...A suivre...)

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  (1) Notablement jumelée avec la ville de Digne-les-Bains (04)

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