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  • : Le Japon fantastique en traductions
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  • : Le Japon fantastique n'est que peu traduit, il est temps de lancer dans la course les traducteurs littéraires qui veulent relever le défi du fantastique, de la SF et de la fantasy du Soleil Levant (et il y en a !)
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Le Japon fantastique en traductions

Vous recherchez un traducteur littéraire, spécialiste de la littérature japonaise et des littératures de l'imaginaire, pour traduire, en vue d'édition ou à titre privé, une œuvre, une nouvelle, un article ? Je peux vous fournir un travail de qualité, soigné et rapide. Mes conditions sont à discuter : l'art et la diffusion de la littérature japonaise sont mes priorités. Vous pouvez utiliser le formulaire de contact pour me joindre.


Sur Twitter : @Darthremora

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 15:11

otislogoTenir à jour un blog quand on déborde d'activités et qu'on n'est pas un professionnel du monde informatique sans cesse derrière son ordinateur, ce n'est pas très facile. Mais je reviens vers vous et j'espère pouvoir reprendre un peu de régularité après un pic d'activité important, mais très enrichissant.

Après avoir passé le mois d'août entre certains de mes différents points d'attache et à prendre un peu plus de temps en loisirs et en détente, les choses sérieuses ont repris en septembre et en octobre.

En septembre, j'ai entrepris un projet qui me tient très à coeur et dont, je l'espère, je pourrai vous faire plus amplement part dans le courant de l'année prochaine.

En octobre, une grosse mission m'a été confiée par une grande entreprise du monde des ascenseurs avec laquelle il m'avait déjà été donné de travailler. C'est donc un document très conséquent, et particulièrement technique, que j'ai traduit de l'anglais pendant tout le mois. Cette expérience très enrichissante a été l'occasion pour moi de prouver à un client important mes compétences en traduction professionnelles et de qualité.

Bien sûr, parallèlement à tout cela, je continue d'enseigner le japonais et d'apporter à domicile mon aide à des élèves en difficultés.

Et si je pourrai reprendre mes projets personnels au mois de novembre, c'est également avec une excellente nouvelle !

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 17:56

184281.pngHoshi Shin'ichi, mon auteur fétiche, auteur de nombreuses histoires extrêmement courtes, dont une partie actuellement en cours de traduction par mes soins, considéré comme un des trois "pères" de la SF japonaise, a également vu une partie de ses courtes oeuvres adaptées en courts-métrages... Adaptations dont il manquait cruellement à ce jour un sous-titrage en français.

C'est ce que je résouds aujourd'hui, avant de partir en vacances, avec la première vidéo que je diffuse, "Ohé ! Écho !", écrite en 1958. Cette adaptation est issue de la série "Hoshi Shin'ichi short short" (星新一ショートショート) diffusée sur la NHK en 2008.

J'espère revenir bientôt avec de nouvelles vidéos rien que pour vous.

Au plaisir... Et ne tombez pas dans le trou !

 

 

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 18:09

otislogo.jpg Et voilà, l'été est arrivé, et avec lui le beau mois de juillet.

Cette fois, un contrat, pour de vrai (comme quoi mon CV aura fini par prouver sa valeur), et une mission d'un mois, avec un vrai salaire, pour une des plus grandes sociétés d'ascenseurs du monde, Otis.

La mission, qui s'est terminée il y a très peu, après s'être déroulée conformément au plan et sans accrocs, s'est très bien passée et le travail que j'ai fourni a donné satisfaction, tant et si bien que je serai amené à collaborer encore avec le monde des ascenseurs dans un avenir proche.

La mission était un peu compliquée (c'est précisément pourquoi mes sevices étaient requis). Une paire de spécialistes japonais sont venus former un groupe local à des opérations inhabituelles sur une grosse machine de traction (vous savez, le gros truc qui vous tire ou vous lâche, depuis tout en haut, à chaque fois que vous montez dans un ascenseur). J'ai donc dû m'occuper de l'interprétation et de la traduction technique de la documentation associée au projet.

Cette expérience m'aura permis de découvrir un secteur que je connaissais peu et de développer mes compétences encore davantage. Si mon CV aura plu, il est désormais plus fourni qu'avant.

Bon, en revanche, je n'aurai pas eu le temps d'avancer beaucoup dans mes projets personnels, mais, pour ma part, je n'ai rien à regretter de mon mois de juillet.

Et au mois d'août, vacances !

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 18:14

fude (2)La vie d'auto-entrepreneur / chercheur d'emploi / nouveau venu dans le milieu, ça n'est pas facile. Le printemps a donc été aussi actif qu'il a été peu lucratif et relativement peu fructueux sur le plan des résultats concrets.

J'ai donc passé l'essentiel de mon temps à avancer dans les projets personnels que j'ai déjà cités et qui, eux, vont bon train, mais la recherche d'emploi, elle, a été particulièrement pauvre et décevante.

Si, dans un premier temps, je n'ai pas compté, je me suis ensuite mis en tête de tenir un registre des différentes offres d'emploi auxquelles j'ai répondues, du moins lorsqu'il s'agissait de choses que je considérais comme entrant dans le domaine de l'adapté de près ou de loin à mon CV.

Résultat : un entretien avec la Tôei (mais battu en dernière ligne droite par un candidat plus adapté, malgré un CV 'presque parfait'), quelques refus nets et essentiellement un silence profond et total (plus de 80% des candidatures sont restées lettre morte, ce qui est tout de même un joli score). J'ai également contacté les agences de traduction qui, elles, se cachent carrément derrière un processus complètement informatisé. Globalement, il n'est même pas possible de savoir si la candidature est bel et bien parvenue à quelqu'un... Et quant à Pôle-Emploi, le site 'officiel' de la recherche d'emploi, les offres qui demandent la maîtrise du japonais concernent, dans plus de 90% des cas, des postes de serveur ou de cuisinier...

Qu'à cela ne tienne, cela m'a permis d'avancer dans ma traduction littéraire et de compléter la maquette de mon Projet Bokko... Qui, croyez-le ou non, est actuellement en cours de lecture chez un vrai éditeur. Après, on verra ce qu'ils en disent.

Du côté de mon auto-entreprise, la société de jdr Pulp Fever a eu besoin de mes services pour une traduction d'ordre administratif pour un jeu qui sortira prochainement (et dont je vous parlerai plus en détails le moment venu). Mes services ont été particulièrement appréciés, ce qui est très prometteur et très engageant pour moi.

Après donc un printemps morne, arrivera le mois de juillet et son air d'été, qui, lui, relancera mes activités de façon considérable !

(à suivre)

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 11:47

Si je travaille de mon côté sur les Cadavres du tsunami, qui ont déjà abondamment traversé ces lignes (et été censurées également), le sujet de l'accident nucléaire de Fukushima reste porteur tant dans l'inconscient collectif qu'au sein des masses populaires.

EGUCHI Masayasu, réalisateur de documentaires primé au Japon, a tourné dans le département de Fukushima, un documentaire sur Hanamiyama, haut-lieu du tourisme dès lors transformé en hot spot radioactif...

Voici la bande-annonce :

 


Le printemps de Hanamiyama par Masayasu Eguchi

Ce documentaire est prêt, et il n'attend que le soutien de ceux qui voudront bien y collaborer pour être diffusé. Si le projet vous intéresse et que vous voulez donner une chance à ce projet de voir le jour, rendez-vous sur la page de souscription et devenez coproducteur !

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 20:00

avatar-blog-1002597290-tmpphpNc6auVSuite à un article sur un site... un peu t(r)op chrétien, les joueurs de jeux de rôles, professionnels, amateurs et autres ont lancé, sur l'initiative d'un des grands ludosaures romands, une action pour présenter au monde que les rôlistes, qu'ils créent des jeux ou jouent une fois l'an, ne sont ni des monstres, ni des malades mentaux boutonneux dans des caves sombres et humides. Les nombreux témoignages de mes confrères rôlistes sont tous relayés sur un tumblr dédié pour l'occasion !

J'apporte donc ma pierre à l'édifice.

 

Moi, rôliste. Si je devais me définir, je pense que je ne m’y prendrais pas autrement. Suis-je avant tout traducteur ? Universitaire ? Enseignant ? Communiste ? Bouddhiste ? Non, je pense que je suis avant tout rôliste, mon activité maîtresse, celle qui me permet, en plus, d’être acteur, auteur, animateur de soirée et hôte, je l’espère, de qualité.

Un adulte sans boutons

J’ai commencé le jeu de rôles somme toute peut-être un peu plus tard que la moyenne, aux alentours de ma majorité. J’avais fait, avant, beaucoup d’activités similaires, mais ce n’est pas avant que j’ai eu l’opportunité de trouver les jeux en question et de rassembler une vraie équipe de joueurs. Difficile, donc de m’imaginer en ado boutonneux à s’adonner à des jeux de rôles masturbatoires dans une cave : je n’ai vraiment joué qu’à l’âge adulte.

C’était pour moi la suite logique des nombreuses activités théâtrales auxquelles je participais alors (en particulier l’improvisation), tout en me permettant à la fois d’être l’auteur des scénarios, et parfois même des jeux que je proposais — rien de bien complexe, quand on s’y connaît, un univers de jeux de rôles tient en trois pages (et dans la tête de son auteur).

On me dit cultivé : j’aimais l’école plus que de raison, et je me suis lancé dans de longues études, jusqu’à en arriver à me diplômer en Chinois et Japonais, dernière langue pour laquelle je suis aujourd’hui traducteur. Plus même : grâce à la communauté rôliste (qui est petite), j’ai aujourd’hui l’opportunité d’y exercer ma jeune profession, ce qui, pour moi, est un accomplissement : je me mets au service à la fois des relations entre les cultures et au service du monde des loisirs imaginaires, ce qui est pour moi un accomplissement (même s’il n’est pas encore accompli : il faut bien commencer pour finir un jour).

On peut donc dire, en effet, que le jeu de rôles est pour moi un filigrane qui traverse – et traversera toute ma vie d’adulte. Je ne suis pas professionnel du jeu de rôle (enfin, ce n’est pas ce qu’on peut dire), et je ne joue pas plus de quelques heures, ou une dizaine d’heures par mois, même si j’y consacre plus de temps, en tant que « créateur » des parties que je propose à mes compagnons de jeu.

 

Photo-105.jpg

 

Foi et jeu

Si nous devons nous dévoiler aujourd’hui dans ces lignes, nous, rôlistes (et il aurait toujours suffi de me le demander pour le faire : je ne pense pas avoir à cacher mes convictions, mes idéaux ou la nature de mes loisirs), c’est un article sur le fameux Top Chrétien, le site évangélique francophone, qui véhicule des propos sur le jeu de rôles qui ne sont pas nouveaux.

De par mon enfance dans la campagne suisse, mes différents travaux d’étudiants et au service de la patrie (c’était la Suisse, je le rappelle), mon entourage et mon instruction religieuse, je connais bien, et même très bien, une partie de ce milieu évangélique. C’est vrai qu’ils sont plutôt conservateurs, c’est vrai qu’ils ont souvent un problème à accepter les choses du « Monde » (ça ne vous rappelle rien ?), mais dans l’ensemble, j’y connais des rôlistes passionnés qui ne voient pas en quoi Foi et jeu de rôles peuvent provoquer le moindre accroc.

Et moi aussi j’ai la Foi. Certes je ne suis pas chrétien, et je ne crois pas qu’il existe de Dieu, mais je ne me suis pas non plus mis sous la protection des divinités nordiques ou celle des vents des quatre directions et je n’ai pas non plus rejoint de secte. Je crois ce que je crois, ce qui correspond à ce que croient des centaines et des centaines de millions de gens dans le monde, de façon tout à fait officielle. Et pourtant, cela n’a pas d’influence sur mon amour et ma passion du jeu de rôles : c’est une activité sociale, une activité d’échange et d’amitié. Mieux : le jeu de rôles peut rassembler les gens de toutes confessions (et sans confession), parce que, fondamentalement ça n’a pas d’importance.

Mais il y aura toujours des gens qui auront peur pour leurs enfants, qui ont peur à chaque instant de leur vie que les Autres (tous, ou seulement ceux qu’ils aiment) refusent de suivre leur Vérité, qui a tellement conditionné leur Être qu’ils ont oublié (ou alors qu’ils se sont carrément convaincu) qu’elle était Une et non un concept basé sur leur seul point de référence…

J’espère vous avoir fait comprendre, dans ces lignes, je l’espère, que c’est par le jeu de rôle, ses univers, sa scène, ses amitiés et ses gens extraordinaires que j’en suis là, aujourd’hui, moi, Philippe Luthi, moi, traducteur d’une langue étrange de la terre, moi, voyageur de mondes imaginaires, moi, adulte responsable, moi, bouddhiste, moi, communiste, moi, fiancé et heureux en ménage, moi, rôliste.

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Philippe Traducteur - dans Choses et autres
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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 18:25

Vignettes-20120104_222347.jpgVous vous demandez : pourquoi faire appel aux services d'un auto-entrepreneur, pourquoi faire appel à un traducteur de japonais qui n'est pas affilié à une agence ? "Je n'ai même pas besoin de traduction en japonais. d'ailleurs !" vous dites-vous. Et pourtant, si vous êtes une entreprise, un particulier, un mandataire, une maison d'édition, de sous-titrage, vous avez tout intérêt à adopter un auto-entrepreneur.

Pourquoi ? Eh bien des raisons, il y en a beaucoup.

  • Parce que vous pourrez me payez en-dessous, bien en-dessous des minima légaux : je suis mon propre patron, et je suis seul face à vous, alors vous pourrez bénéficier d'un tarif qu'aucune loi ne tolérera de la part de vos employés ordinaires.
  • Parce que vous n'aurez pas besoin d'agence ou d'intermédiaire et que vous paierez la moitié, voire même le quart du prix d'une prestation en sous-traitance, et ce pour la même qualité, parce que j'ai le CV adéquat et que, comme je suis moins payé, je dois redoubler d'efforts pour travailler plus et me maintenir à niveau. Ayant également moins de clients et plus à prouver, je dois travailler mieux et plus vite.
  • Parce que, justement, je suis auto-entrepreneur, que je ne suis pas obligé de fournir spécifiquement un service précis : je peux traduire de l'anglais, je peux écrire pour vous, mettre en page, relire, corriger, adapter ou faire n'importe quelle tâche ingrate qu'exigent les documents ou les oeuvres sous toutes leurs formes.
  • Parce que je maîtrise toutes sortes de logiciels (traitement de texte, tableurs, sous-titrage, traduction assistée par ordinateur) et que vous pouvez virtuellement me demander n'importe quoi pour moins et mieux qu'avec un vrai contrat de travail.
  • Parce que je suis disponible tout le temps, jour et nuit et que vous pourrez négocier avec moi directement vos tarifs, vos exigences et vos envies et que j'accepterai de travailler pour vous dans les conditions les plus viles.

Et puis si, par hasard, vous voudriez que je travaille dans les meilleures conditions, avec un vrai contrat, un CDD, CDI, je suis également à votre disposition et vous avez tout loisir de consulter le beau CV qui est en ligne rien que pour vous.

Et puis si vous avez seulement lu cet article avec un sourire en coin, mais que vous n'êtes guère qu'unE passantE curieux(se), pourquoi ne pas le partager ? Vous aiderez un auto-entrepreneur solitaire à - peut-être - trouver un bol de lait et un peu de pâtée au coin du feu.

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 13:22

Si je parle dans ces ligne de littérature et de traduction, il ne faut pas oublier le cinéma et la télé. Fondamentalement, c'est un peu la même chose. S'il m'est donné de voir beaucoup d'oeuvres japonaises, (il)légalement sur mon petit ordinateur ou au cinéma grâce à un sésame magique proposé par une grande chaîne de salles françaises, il y en a (parfois) qui méritent que j'en parle. C'est le cas de ce fabuleux Saya-zamurai, de MATSUMOTO Hitoshi.

 

       

 

Un peu de traduction d'abord. Saya, c'est le fourreau du sabre (ou la cosse d'un fruit à coque), Z/Samuraï, on connaît déjà. "Sayazamuraï" c'est donc l'histoire d'un samouraï "au fourreau" ce qui signifie, on l'aura compris, qu'il n'a pas de sabre.

Ce troisième film de Matsumoto, réalisateur pour le moins décalé, reprend les principes du jidai-geki, autrement dit "film d'époque (historique se passant au Japon)". Le personnage principal, NOMI Kanjurô, est un samourai déshonoré, seul avec sa fille, ayant perdu, avec son épouse et son sabre, la volonté de se battre. Coupable d'un crime dont on ne connaîtra jamais la nature, il est condamné par le seigneur du fief de Tako (ou "clan du Poulpe") à faire sourire son fils, petit prince qui, après la mort de sa mère, n'est plus qu'une coquille vide.

Le film suit alors les 30 tentatives affligeantes, rocambolesques et spontanées d'humour de ce vieux samourai édenté, fomentées avec l'aide de sa fille et de ses gardiens, un couple typique benêt/chef qui, somme toute, l'aiment bien.

Si on a l'impression d'assister, pendant longtemps, à une comédie japonaise historique déjantée et décalée, le film se termine dans un drame passionné, et laisse sur la bouche un goût de fer et de sang. Sans doute un de ses films qui, loin d'être un blockbuster, mélange les genre et joue avec les abysses de nos émotions.

Comédie, drame, bouffe, filme d'art et d'essai historique, Sayazamurai est un chef-d'oeuvre primé à Locarno, notamment. Si vous n'avez pas peur du ridicule et du seppuku, vous l'adorerez.

Illégalement, en DVD (pas encore) et au cinéma, dans quelques salles encore.

どういうことだよ!

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 10:34

遺体カバー03帯付き-02-thumb-320x466-7228Je vous en ai déjà parlé, mais le premier vrai projet d'oeuvre publiable auquel il m'ait été donné de participer, les Cadavres, n'a pas disparu, il est bel et bien vivant.

Nous voilà avec plus des centaines de pages de manuscrit (tout le livre à quelques pages près), qu'un groupe de relecteurs s'acharne à corriger, unifier et vérifier, suite au travail magnifique des traducteurs dont je fais partie, en toute humilité. Dans quelques semaines, un manuscrit décent et présentable devrait voir le jour et un éditeur (on murmure un nom, en coulisses...) devrait recevoir une maquette qui, dit-on, est en bonne passe de recueillir un écho positif. Un ouvrage dans les bacs pour septembre ? Personnellement, je pense que ça prendra un peu plus de temps, mais, ayant terminé ma tâche pour l'instant, je retourne à mes projets personnels... Et à même propres ouvrages à publier.

Je ne résiste pas à vous lancer deux petits extraits de mes traductions (en binôme) de ces Cadavres. C'est cru, c'est draft et c'est encore fort maladroit (nous n'avons pas livré des traductions corrigées et présentables, il y a des relecteurs/adaptateurs pour ça), et rien ne dit que la version finale ressemblera à cela, et c'est court, alors personne ne m'en voudra.

 

(Les extraits sont indisponibles sur demande de notre éditeur)

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 18:37

9782070442744.gifPour ceux qui en ont assez des ouvrages à valeur ajoutée de chez Piquier, il existe quelques oeuvres japonaises disponibles chez Folio 2€ pour... deux euros, justement (sauf en Suisse, où ça vous coûtera substantiellement plus cher, comme tous les livres, soit dit en passant). En voici un, du Maître en personne, j'ai nommé Ôé Kenzaburô : Seventeen. (On peut en trouver deux, le second étant Gibier d'élevage, dont je parlerai un jour ou l'autre).

 

L'auteur

Est-il vraiment besoin de présenter le second prix Nobel (1994) de littérature japonaise ? Considéré inconditionnellement comme un Maître, avec son prédécesseur Kawabata (prix Nobel 1968), il cache une oeuvre bien plus vaste que l'on veut bien lui recconaître. Romans, nouvelles, contes et sciences-fiction, on ne compte plus ses textes (et il en reste beaucoup, beaucoup à traduire)... Et j'en reparlerai encore. Aujourd'hui un homme très âgé, plus très vif, comme j'ai pu le voir au Salon du livre, il a néanmoins passé sa vie à écrire des textes, qui cachent souvent un sens certain, sur le plan psychodramatique comme politique. Ici, on va pouvoir trouver les deux, et plus encore.

Le Maître 

 

Le livre

Le récit de ce petit ouvrage est particulier : il se base sur un fait réel, et cela a valu bien des ennuis au Maître. En 1960, un militant d'extrême-droite de dix-sept ans assassine le président du Parti socialiste Asanuma Inejirô. C'est ce personnage que Ôe met en scène, fictivement, dans cette novellette à la première personne. Originellement en deux parties, le livre s'est vu amputé, sur le voeu de l'auteur, de sa seconde moitié. Seule la traduction italienne (que je n'ai pas lue) contient encore ce passage... En effet, si la première partie (l'ouvrage donc disponible pour 2€) raconte la plongée dans l'extrême-droite impérialiste d'un adolescent, la section manquante s'approche un peu plus du noyeau du problème et de la nécessité de tuer un leader "gauchiste". Ce passage a valu des menaces de mort à l'auteur qui, résigné, a décidé de ne plus publier la partie incriminée. Au Japon, on ne plaisante pas avec l'extrême-droite.

Malgré que ce texte soit "réduit" à l'état de nouvelle, le désarroi et la bêtise de cet adolescent restent décrits de façon admirable, et le voyage psychodramatique qui le mènera à canalyser son mal-être psychologique et sa frustration sexuelle dans les idées nationalistes et impérialistes est tout simplement délicieux.

Un ouvrage politique, certes, mais aussi un des grands textes d'Ôe. Et en plus, c'est lu en une heure.


Un extrait

"Je me dénudai : pour la première fois de ma vie, je me dénudai devant une autre personne, et ici en plus devant une jeune fille. J'avais alors conscience que mon corps malingre, aux muscles naissants, était protégé, comme un blindé, d'une épaisse armure, une armure de droite. C'était moi, cet homme pourvu d'un phallus (comme disait Kunihiko Sakakibara), tel une broche de fer vivante, qui avait perforé la paroi vaginale de sa jeune épouse virginale. Je banderais toute ma vie. Comme j'avais souhaité ce miracle à mon dix-septième anniversaire en versant des larmes pathétiques, j'aurais un orgasme qui durerait ma vie entière. Mon corps, mon âme, tout ce qui m'appartenait, resterait en érection. (...)

Mon phallus était le rayon de soleil, mon phallus était une fleur. J'ai eu un violent orgasme et j'ai vu un homme doré surgir dans un ciel ténébreux. Ah, oh, Sa Majesté Impériale ! Sa Majesté Impériale qui est un soleil radieux, Ah, ah, oh !" (pp. 86-88)


Référence

ÔE Kenzaburô, Seventeen, Gallimard, Collection Folio 2€, 2011 (texte original de 1963), traduit du japonais par Ryôji Nakamura et René de Ceccatty.

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