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Le Japon fantastique en traductions

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 12:23

9782070423101Voilà un livre qui traînait dans ma bibliothèque depuis un certain temps, que j'avais acheté suite à ma lecture du Bouddha blanc, du même auteur, un livre primé en France que j'avais beaucoup aimé à l'époque. Comme j'ai réussi à le ressortir pour me le faire dédicacer au Salon du livre 2012, je me suis décidé à le lire. Voilà donc ma petite fiche de lecture, rien que pour vous.

 

L'auteur

Pour commencer, disons que TSUJI Hitonari est une personnalité pour le moins singulière. Poète, chanteur de rock, il a un look qui, résolument, prouve qu'il ne travaille pas dans le grand Japon corporatiste. J'ai eu l'occasion de le rencontrer au Salon du livre et de me faire une idée par moi-même. Né en 1959, il s'est bien adapté aux technologies modernes et son activité sur Twitter (que je suis) est pour le moins intense.

Tsuji Hitonari dédicace

Ecrivain plus ou moins connu au Japon, sans y être un génie national, il connaît surtout son succès par la France : en 1999 son Bouddha blanc reçoit le Prix Fémina du meilleur roman étranger, ce qui accroît ses ventes jusqu'au Japon (où son éditeur va jusqu'à reproduire sur la version originale la couverture en français dans le texte).

Pour vous donner une idée du personnage, vous pouvez l'écouter dans une des chansons de son groupe, ECHOES「ZOO」. Le morceau s'appelle ~愛を下さい~ (Ai o kudasai), ce qui signifie, sisi, "Donnez-moi de l'amouuuur" !

 

 

Le livre

Le livre qui m'intéresse ici, la Lumière du détroit, vu sa taille (même pas 200 pages, et pas bien grosses), est plutôt une novella qu'un vrai roman, ce qui, on est d'accord, ne joue pas pour grand-chose. Mais quand l'ouvrage est dédicacé, il faut le lire.

Dédicace de Tsuji

Ce récit à la première personne est celui d'un dénommé Saitô, ancien marin devenu maton qui retrouve dans sa prison, à Hakodate (Hokkaïdô), son tortionnaire de l'école promaire, Hanai. Alors que le narrateur doit surveiller les prisonniers lors d'exercices maritimes visant à leur réinsertion, il se retrouve petit à petit confronté à son passé et s'enfonce dans une spirale paranoïaque inspirée par toutes les souffrances qu'enfant, Hanai lui a fait subir.

Alors que tout son passé part en miettes, Saitô doit retrouver ses repères, confronter un Hanai qui semble l'avoir oublié et affronter son passé de marin qui, avec l'arrivé des trains à grande vitesse, n'a plus de sens...

Le livre est traduit en français par Corinne Atlan, une traduction fluide et agréable à lire, même si, comme souvent, elle contient quelques points un peu populistes à mon goût.

Le livre n'est pas si désagréable à lire (Tsuji est poète), même s'il flirte ici avec cette littérature pure - junbungaku - que j'exècre (la littérature pour psycho-intellectuels des prix Nobel et des prix Goncourt, pour résumer). Mais comment rester insensible à cette plongée dans des abysses psychologiques qui, contre toute attente, ne se termine pas dans un cataclysme comme on aurait pu s'y attendre ? Je pense que les fans de littérature introspective et les amateurs de l'Etranger y trouveront leur compte. Ou pas...

 

Un extrait

"Depuis son arrivée à la prison, j'observais Hanai en secret, veillant à ce que personne de mon entourage ne s'en aperçût. Je concentrai toute mon attention sur ses moindres gestes pendant les cours d'entraînement maritime mais aussi au moment des repas, des pauses, et même lorsqu'il se rendait aux toilettes. Cette fois, je ne méditais aucune vengeance, [...] je guettais simplement l'occasion de voir cet homme révéler toute sa vilénie cachée et ôter enfin son masque de bonhomie ostentatoire pour se montrer sous son vrai jour, comme autrefois quand je l'avais surpris à abandonner une vieille femme à son sort." (p.38)


Référence

TSUJI Hitonari, La Lumière du détroit, Mercure de France/Folio, 2001 (1997 au Japon), traduction française de la très productive Corinne Atlan.

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